Les gens de bormes avaient fait de leur mieux, sous la conduite de maurin

La suite de l’affaire ne les regardait plus. Ils pensaient, avec quelque apparence de raison, que les echappes de galeres, en train de gagner le large, seraient bientot sortis du territoire de leur commune.

Le soir, a Bormes, dans la maison ou des amis lui donnaient l’hospitalite, Pastoure, seul, en chemise, au moment de se mettre au lit, levait les bras vers le plafond et ronchonnait: –Une supposition, que je dise a mon brave Maurin ce que je pense de sa conduite d’aujourd’hui, il m’enverrait au bois! Et au bois ou au diable, quand c’est un Maurin qui vous y envoie, il faut bien qu’on y aille, pechere! Alors, sur ce qu’il a fait aujourd’hui, je ne lui ai pas dit ce que je me pense au dedans de moi. « A quoi servent les amis, me direz-vous, s’ils ne vous avertissent pas quand vous faites une betise? Mais comment voulez-vous qu’ils vous fassent des observations, quand ils savent que vous ne les supporteriez pas? Il ne me reste donc qu’a le suivre dans les chemins bons ou mauvais, de pierre ou de sable, bien ou mal calades, et qu’ils aboutissent quelque part ou non, par ou il lui plaira de passer, ce qui fait, pauvre moi! qu’ou je vais je n’en sais rien–et c’est bien par pure amitie! « Comment il se fait qu’un homme tranquille comme moi je suis, detestant les femmes, et de forte corpulence,–car il n’y a pas a dire, mon ventre prend du poids,–se soit attache a cet homme maigre et toujours dans des rues _Casse-toi-le-derriere_? Il faut croire que l’amitie est aussi bete que l’amour. On aime qui l’on aime et qui on aime on suit, en groumassant ou en silence–c’est tout un. Et ce que je ne lui ai pas dit, a Maurin, c’est que vraiment c’est betise grosse, betise grande, betise haute et large, betise enorme, trois jours surtout apres s’etre moque des gendarmes en chevauchant sur leurs chevaux, de revenir a leur barbe faire en leur place metier de gendarmes, comme pour leur drive-master.com dire: « La gendarmerie n’y entend rien, et c’est moi (moi a qui elle fait des proces-verbaux!) qui vais lui faire voir comment on arrete les malfaiteurs! » Un veritable crime est un moins grand crime, aux yeux des gendarmes, que l’affront que leur fait cette action honnete. S’il s’imagine, Maurin, que la France lui aura de la reconnaissance pour ce qu’il a fait la, il se trompe. Faites du bien a Bertrand, c’est en fientant qu’il vous le rend! Et dites au dernier des menuisiers qu’il ne sait pas son metier, vous n’en reviendrez pas entier. .

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C’est pourquoi, Pastoure, tu peux graisser tes souliers, et les faire ferrer a neuf, avec des clous gros comme des clous a ferrer les mulets; car tu n’as pas fini de courir, resolu comme tu l’es a ne pas abandonner Maurin a sa misere. Nous n’avons pas fini, n’ayant pas commence!–de fuir devant les gendarmes a pied et a cheval, devant les hommes de la justice injuste, si tu te meles, o Maurin, d’arreter des voleurs et de denoncer l’injustice!. . . Une chose ou je reconnais que tu montres du bon sens, c’est que tu as aux pieds des pantoufles et dans ton carnier tu en as de rechange, et aussi de la basane pour les raccommoder.

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