Les deux dames le suivirent dans le patio, ou elles l’aiderent a seller moreno, que dona

Au moment ou don Jaime donnait l’ordre au vieux domestique d’ouvrir la porte, le galop precipite d’un cheval se fit entendre au dehors; puis, des coups redoubles furent frappes a la porte. –Oh! Oh! fit don Jaime, qui donc nous arrive ici? Et il s’avanca resolument sous le zaguAn. –Mon oncle, mon frere! s’ecrierent les deux dames en essayant de l’arreter. –Laissez-moi faire, dit-il, en les immobilisant d’un geste, sachons qui nous arrive ainsi. Qui vive? cria-t-il.

–Ami, repondit-on. –C’est la voix de Loick, dit l’aventurier, et il ouvrit la porte. Le ranchero entra.

–Dieu soit loue! s’ecriat-il, en reconnaissant don Jaime, c’est le ciel qui me fait vous rencontrer. –Que se passe-t-il? demanda vivement l’aventurier. –Un grand malheur, repondit-il, l’hacienda del Arenal a ete prise par la bande de Cuellar. –!Demonios! s’ecria l’aventurier, en palissant de colere. –Quand cela a-t-il eu lieu? –Il y a trois jours. L’aventurier l’entraina vivement dans l’interieur de la maison. –As-tu faim? As-tu soif? lui dit-il. –Depuis trois jours je n’ai ni bu ni mange, tant j’avais hate d’arriver. –Repose-toi, et mange, puis tu me raconteras ce qui s’est passe. Les deux dames s’empresserent de placer devant le ranchero, du pain, de la viande et du pulque. Pendant que Loick prenait la nourriture, dont il avait un si pressant besoin, don Jaime marchait avec agitation dans la salle. Sur un signe de lui, les dames s’etaient discretement retirees, le laissant seul avec le ranchero.

–As-tu fini? lui demanda-t-il, en voyant qu’il ne mangeait plus. –Oui, repondit-il. –Maintenant, te sens-tu en etat de me raconter comment est arrivee la catastrophe.

–Je suis a vos ordres, senor. –Parle donc alors, je t’ecoute. Le ranchero, apres avoir vide un dernier verre de pulque pour s’eclaircir la voix, commenca son recit. XV DON MELCHIOR site de l’entreprise Nous substituerons notre recit a celui du ranchero, qui d’ailleurs ignorait beaucoup de particularites, ne connaissant que les faits, tels qu’on les lui avait rapportes a lui-meme, et faisant quelques pas en arriere; nous reviendrons au moment precis ou Olivier, car le le lecteur l’a sans doute reconnu dans don Jaime, s’etait separe de dona Dolores, et du comte, a deux lieues environ de l’hacienda del Arenal. Dona Dolores, et les personnes qui l’accompagnaient, n’atteignirent l’hacienda que quelques moments avant le coucher du soleil. Don Andres, inquiet de cette longue promenade, les recut avec les marques de la joie la plus vive.

Mais il les avait apercus de loin, et en voyant Leo Carral avec eux, il avait ete rassure. –Ne demeurez plus aussi longtemps dehors, monsieur le comte, dit-il a Ludovic, avec une sollicitude toute paternelle, je comprends tout le plaisir que, sans doute, vous trouvez a galoper en compagnie de cette petite folle de Dolores, mais vous ne connaissez pas ce pays, vous pouvez vous egarer; de plus, les routes sont en ce moment infestees par des maraudeurs, appartenant a tous les partis qui divisent cette malheureuse republique, et ces picaros ne se font pas plus de scrupule de tirer un coup de fusil a un galant-homme que d’abattre un coyote.

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