Les bonnes comme les mauvaises nouvelles se propagent avec une rapidite extraordinaire; resolve qui pourra ce

A la nouvelle de cette victoire inesperee, la joie avait ete universelle, l’enthousiasme porte a son comble et, la nuit venue, la ville s’etait spontanement trouve illuminee. L’ayuntamiento, en corps, attendait le president a l’entree de la ville pour lui adresser ses felicitations; les troupes defilerent entre deux haies compactes de peuple poussant de frenetiques vivats, agitant les mouchoirs et les chapeaux et tirant force petards en signe de rejouissance; les cloches malgre l’heure avancees sonnaient a toute volee et les nombreux chapeaux a la basile des membres du clerge meles a la foule prouvaient que les pretres et les moines, si froids la veille meme pour l’homme qui toujours les avait soutenus, avaient, a la nouvelle de sa victoire, senti subitement se reveiller leur enthousiasme endormi. Miramon traversa toute cette foule, calme, impassible, rendant, avec une imperceptible expression d’ironie, les saluts qui lui etaient incessamment adresses a droite et a gauche.

Il mit pied a terre devant le palais; un peu en avant de la porte, un homme se tenait immobile et souriant. Cet homme etait l’aventurier. En l’apercevant, Miramon ne put reprimer un mouvement de joie. –Ah! Venez, venez, mon ami, s’ecria-t-il, en allant a lui. Et a la stupefaction generale, il passa son bras sous le sien et l’entraina dans l’interieur du palais. Lorsque le president eut atteint le cabinet particulier, dans lequel il travaillait habituellement, il se jeta dans un fauteuil, et drive-master.com essuyant, avec un mouchoir, son visage baigne de sueur.

–Ouf! s’ecria-t-il, d’un ton de mauvaise humeur, je suis rompu! Cette stupide palinodie, a laquelle j’ai ete malgre moi contraint d’assister, m’a sur l’honneur plus brise de fatigue que tous les autres evenements de cette journee, cependant si feconde en peripeties extraordinaires. –Bien, repondit affectueusement l’aventurier, je suis heureux de vous entendre parler ainsi, general; je craignais que vous vous ne fussiez laisse griser par votre succes.

Le general haussa les epaules avec dedain. –Pour qui me prenez-vous, mon ami? repondit-il; quelle triste idee vous faites-vous de moi, si vous supposez que je sois homme a me laisser ainsi aveugler par un succes qui, tout eclatant qu’il paraisse, n’est en realite qu’une victoire de plus a enregistrer, mais dont les resultats seront nuls pour le bien de la cause que je soutiens? –Ce que vous dites n’est que trop vrai, general. –Croyez-vous que je l’ignore? Ma chute est inevitable: cette bataille la retardera de quelques jours a peine; je dois tomber, parce que malgre les cris enthousiastes de la foule, toujours changeante et facile a tromper, ce qui jusqu’a present a fait ma force et m’a soutenu dans la lutte que j’ai entreprise, m’a abandonne sans retour, je sens que l’esprit de la nation n’est plus avec moi.

–Peut-etre allez-vous trop loin, general! Encore deux batailles comme celle-ci, et qui sait si vous n’aurez pas reconquis tout ce que vous avez perdu. –Mon ami, le succes de celle d’aujourd’hui vous appartient: c’est grace a votre brillante charge sur les derrieres de l’ennemi qu’il a ete demoralise et par consequent vaincu.

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