Le peon etait arme comme pour une expedition dangereuse

–Oh! Oh! lui dit le duc, quel arsenal vous portez avec vous, ami Lopez! –Avez-vous une communication a nous faire? demanda le comte. –Je n’ai que ceci a vous dire seigneurie: _Deux et un font trois. _ –Vive Dieu! s’ecrierent les deux jeunes gens en se levant spontanement. Que faut-il faire? Nous sommes prets. –Vous armer ainsi que vos domestiques, tenir vos chevaux selles et attendre. –Il se passe donc quelque chose? –Je l’ignore, seigneurie, mon maitre drive-master.com vous le dira. –Doit-il donc venir? –Avant une heure, il sera ici, il m’a donne l’ordre de rester avec vous.

–Bien, profitez de cette heure pour vous reposer. Lopez, nous allons nous preparer. Lorsque vers onze heures du soir, don Jaime arriva, ses amis avaient revetu des costumes de voyage, chausse des eperons, passe des revolvers a leur ceinture, et fumaient en l’attendant, leurs sabres et leurs fusils places devant eux sur une table. –Bravo, dit-il, nous allons partir.

–Quand vous voudrez. –Allons-nous loin? demanda le duc. –Je ne le crois pas, mais peut-etre il y aura bataille. –Tant mieux, firent-ils.

–Nous avons pres d’une demi-heure devant nous, c’est plus qu’il ne me faut pour vous apprendre ce que je veux faire. –Bien, nous vous ecoutons. –Vous savez que je suis fort lie avec le general Miramon, reprit-il. Les jeunes gens firent un geste affirmatif. –Voici donc ce qui se passe: le general a reuni quinze cents hommes a peu pres, il espere avec cette escorte pouvoir gagner en surete la Veracruz ou il s’embarquera; il part cette nuit a une heure du matin. –Les choses en sont-elles donc deja a ce point? fit le comte. –Tout est fini: Mexico est rendu aux Juaristas. –Tant pis, enfin qu’ils s’arrangent entre eux, dit le comte; cela ne nous regarde pas. –Je ne vois pas dans tout cela, dit le duc, le role que nous avons a jouer. –Le voici, continua don Jaime.

Miramon croit pouvoir compter sur les quinze cents hommes qui composent son escorte, moi je suis persuade du contraire: les soldats l’aiment, il est vrai, mais ils detestent certaines personnes qui partent avec lui: ces personnes, je sais qu’on a offert aux troupes de les livrer; je crains qu’elles se laissent convaincre et que, par la meme occasion, Miramon soit fait prisonnier. –C’est ce qui probablement arrivera, dit le comte en hochant la tete.

–Eh bien, voila justement ce que je veux eviter moi, dit-il avec energie, et pour cela j’ai compte sur vous. –Pardieu vous avez eu raison. –Vous ne pouviez mieux choisir. –Ainsi, vous et moi, Lopez, Leo Carral et vos deux domestiques, nous formons un effectif de sept hommes resolus, avec lesquels il faudra compter au cas ou les choses tourneraient mal; de plus, votre qualite d’etrangers, le soin que vous avez mis a vivre retires, et a ne pas attirer les regards sur vous, nous permettront de completer notre oeuvre en cachant le general chez vous. –Ou il sera parfaitement en surete. –D’ailleurs tout ce que je vous dis la n’est que fort incertain encore; ce sont les circonstances qui nous guideront.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *