Le hourrah joyeux de la foule les suivit longtemps, tandis que les gendarmes passaient les menottes

Quand ils eurent assez galope, les deux heros mirent au pas leurs montures.

–Colonel Pastoure! dit gaiement le general Maurin. –General Maurin? daigna repondre le colonel Pastoure. –Je suis content de vous! dit Maurin. –Dieu vous le rende! fit Pastoure. –Ils ne comprendront jamais comment a nous deux nous avons arrete les deux hommes. –Trop betes! dit le laconique colonel.

–C’etait pourtant besogne facile a nous (puisque nous savions que les deux coquins n’avaient plus de munitions) de deviner qu’en les surprenant dans cette baume (grotte)–ou nous les avions fait appater avec des provisions, qui avaient l’air d’avoir ete oubliees la par notre ami le cantonnier,–ils obeiraient comme des moutons des que nous leur montrerions les quatre-z-yeux noirs de nos deux fusils doubles. –Pardi! fit le colonel. –Et puis, jamais gendarme n’aurait, comme nous, passe la nuit a les empecher de dormir a coups de fusil tires a blanc et a grand bruit de trompette et de tambour, afin de les trouver a moitie endormis ce matin! –De sur! fit le colonel. –Colonel, dit le general, j’ai envie de vous nommer marechal. –A propos de marechal, dit le colonel, gagnons la broussaille un peu vite et laissons la nos chevaux, car j’entends, a la maniere dont le mien fait tinter son pied gauche, qu’il se l’est deferre! Arrive, mon empereur! Ils abandonnerent les chevaux au beau milieu de la route sous la protection du grand saint eloi. CHAPITRE XXIX Comment Pastoure, ayant tire un lapin sans le rouler, rendit Dieu en personne responsable de sa maladresse. Les gendarmes prefererent ne pas faire de rapport sur leur mesaventure, et ils se consolerent avec les eloges qu’ils recurent pour avoir capture, a eux tout seuls, deux malfaiteurs dangereux. Quant a la population, elle ne reclama aucune recompense officielle pour Maurin a qui elle donnait elle-meme estime et gloire. Qu’avait-il besoin d’autre chose? Et puis, chacun pensait au fond qu’il valait mieux peut-etre garder le silence sur toute cette affaire. Cependant, par les soins du prefet, le parquet et le commandant de gendarmerie apprirent que les nommes Maurin et Pastoure dit Parlo-Soulet avaient realise a eux seuls la capture desiree; mais ce rapport fut fait seulement lorsqu’on eut appris la discretion interessee des gendarmes sur la plaisanterie dont, pour la seconde fois, ils avaient ete victimes. Et Sandri fut blame! Tout cela fut tres habilement conduit par le prefet, renseigne par M.

Cabissol, renseigne lui-meme par M. Rinal, chez qui Maurin avait envoye Pastoure « au rapport ». Restait toujours le mandat d’amener decerne contre Maurin (affaire Grondard), et dont furent informes enfin M. Rinal et M.

Cabissol. Il fut convenu que M.

Rinal irait en personne voir le procureur de la Republique. Il y alla, et parla de Maurin en termes tels, il plaida si bien sa cause, que le procureur imperial de la Republique du roi (comme il l’appelait plaisamment pour signifier que les errements des hommes de loi n’avaient pas le site change depuis le premier empire) lui promit un _supplement d’enquete_ et lui assura que, en attendant, on suspendrait.

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