Le descendant des pirates maures rapteurs de filles tressaillit sous le regard de cet oeil tres

L’envie lui vint de faire le beau, comme elle vient au faisan dans le temps des amours. –Tu n’as rien tue aujourd’hui? lui demanda l’un des buveurs.

Alors la physionomie du galegeaire devint serieuse: –Il m’en est arrive une, dit-il, dans son francais traduit du provencal et seme d’idiotismes: _osco, Manosco!_ Il abattit sur la table son poing ferme, avec le pouce rigide en l’air. Cela signifiait: « Il m’en est arrive une bien bonne, surprenante, inenarrable! » _Osco_, c’est-a-dire; _marque-la!_ et _Manosco_, ajoute pour la rime, pour rien, pour le plaisir, pour faire sonner une deuxieme fois le _osco_ en invoquant une cite provencale qui a donne, dans les temps, de fortes surprises aux gens de guerre. Les tetes se grouperent autour de Maurin. Seuls les gendarmes ne se derangerent pas. L’aubergiste fut attentif. Quel gibier lui apportait Maurin? Maurin, lui, songeait surtout a plaire a la fille, en contant de son mieux une histoire etonnante. La belle Corsoise s’etait derangee comme les autres pour ecouter le conteur jovial, le fameux galegeaire. Maurin repoussa en arriere son petit feutre fane et dit gravement: –Voila. Figurez-vous, je n’ai vu, de tout le jour, qu’un gageai (un geai). Il y eut un: ah! de desappointement dans l’auditoire. –Mais esperez un peu! poursuivit l’homme avec une expression narquoise repandue dans tout son visage, esperez un peu. . .

vous allez voir. . . « Le geai me passait sur la tete.

Je lui envoie mon coup de fusil.

Pan! il descend a terre et se pose sur ses pattes comme un homme! Je me dis: Il est blesse! Et vous auriez dit comme moi.

Manquer un geai qui vous passe sur la tete! le coup du roi! quand on est Maurin! le manquer, ca site de l’entreprise n’est pas possible! je ne pouvais pas me le croire! –Alors? –Alors je vais pour le ramasser. . . il fait un bond, mes amis, et se pose a terre, un peu plus loin! Je me dis: « C’est une masque (un sorcier)! Nous allons voir s’il m’emportera mes deux sous de poudre et de plomb, ce voleur! » Je prends mon chapeau. . . et vlan! je le lui lance: le voila coiffe! mes amis! je vous l’ai coiffe. . . il etait sous le chapeau, pris, mes amis, pris, flambe, cuit.

. . Avec une sauce bien piquante un geai peut nourrir un pauvre. . .

Je vais donc encore pour le ramasser. . .

Ah! misere, mes enfants! misere de moi!. . . au moment ou j’envoie la main en avant, voila mon chapeau qui fait un bond, lui aussi, et qui se pose dans un arbre! Je voyais sortir, de dessous le chapeau, les pattes de mon geai. . . Un chapeau a pattes, la-haut, sur le ciel!. . . Pauvre de moi!. . . Il fait encore un bond. . . et voila mon chapeau sur une branche plus haute, au bout d’un pin cette fois!. . . Il n’est pas neuf, mon chapeau, c’est vrai, tenez, le voila. . . mais il vaut bien encore vingt sous. .

. n’est-ce pas, gendarmes? « Alors je me dis: « Vingt sous de chapeau et deux sous de poudre et de plomb, ca fait bien vingt-deux sous, si Barreme n’est pas un ane. .

.  » Qu’auriez-vous fait a ma place?. . . Je tremblais pour mon chapeau.

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