Le comte de la saulay et le duc de tobar s’etaient de leur cote diriges vers

Don Jaime n’avait pas voulu abandonner son ami, il voyageait avec l’ambassadeur suivi de Lopez. Don Estevan seul etait demeure a Mexico.

Nous ne rapporterons pas les insultes et les avanies que les ministres expulses et les eveques eurent a subir pendant le cours de leur voyage, depuis Puebla ou on les retint prisonniers jusqu’a la Veracruz ou on les menaca, on leur jeta des pierres, et la populace voulut se porter aux dernieres extremites contre le legat et les malheureux eveques exiles. Les choses en vinrent a un tel point que le consul francais se vit contraint de reclamer l’assistance d’un brick de guerre francais et d’un navire espagnol mouilles a Sacrificios et qui debarquerent aussitot des marins armes. Miramon avait ete reconnu, mais grace a l’energie du consul francais et du commandant du brick, il parvint a echapper a ses ennemis. Deux jours plus tard, le _Velasco_, batiment de la marine militaire espagnole, mettait le cap sur la Havane emportant tous nos personnages a son bord. Le 15 janvier 1863, un double mariage fut celebre a la Havane. Celui du comte de la Saulay avec dona Carmen de Tobar, et celui du duc de Tobar avec dona Dolores de la Cruz. Les temoins etaient l’ambassadeur de Sa Majeste catholique au Mexique, le general Miramon, le commandant du _Velasco_, et l’ex-ministre de Guatemala. Ce fut le legat du Saint-Siege qui donna la benediction nuptiale aux nouveaux epoux. Le comte de la Saulay vient, dit-on, de repartir pour le Mexique, pour revendiquer, grace a l’intervention francaise, les biens immenses que sa femme possede dans ce pays et dont le gouvernement de JuArez a juge convenable de s’emparer. Don Jaime de Bivar accompagne son ami. Leo Carral est avec eux.

Lequel debute comme un proverbe de M. Alfred de Musset et ou le lecteur apprendra que les Provencaux sont les seuls a savoir rire d’eux-memes avec un esprit particulier qu’ils nomment la _galegeade_. L’homme voir la page entra et laissa grande ouverte derriere lui la porte de l’auberge. Il etait vetu de toile, guetre de toile, chausse d’espadrilles.

Il etait grand, svelte, bien pris. Ce paysan avait dans sa demarche une profonde distinction naturelle, on ne savait quoi de tres digne. Il avait un visage allonge, les cheveux ras, un peu crepus, et sous une barbe sarrasine, courte, legere, frisottee, on sentait la puissance de la machoire. Le nez, fort, n’etait pas droit, sans qu’on put dire qu’il fut recourbe. De la levre inferieure au menton, son profil s’achevait en une ligne longue, comme escarpee, coupee a la hache. Sous sa levre, la mouche noire s’isolait au milieu d’une petite place libre de peau roussie, d’un rouge brun de terre cuite.

Un souffle d’air froid, sentant la resine des pins et la bonne terre mouillee, s’engouffra avec Maurin dans la vaste salle haute, fumeuse et noire, de la vieille auberge des Campaux. Cette auberge est batie presque a mi-chemin entre Hyeres et la Molle, au bord de la route qui suit dans toute sa longueur la sinueuse coupee du massif montagneux des Maures, en Provence, dans le Var.

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