Le but principal de la mission du senor pacheco, vous ne l’ignorez pas, est de demander

–Oui, general, je sais cela.

–Bien; maintenant que penserait l’ambassadeur, si je mettais en jugement pour crime de haute trahison, non seulement un Espagnol de la plus grande noblesse du royaume, mais encore un homme dont il m’a repondu; croyez-vous qu’il serait flatte, apres les les services qu’il n’a cesse de me rendre et ceux que, peut-etre bientot, il sera appele a me rendre encore, d’un tel procede de ma part? Je pourrais, me direz-vous peut-etre, prendre cette lettre et traiter confidentiellement cette affaire avec l’ambassadeur; mon ami, l’insulte serait plus grave encore de cette facon, vous allez en juger: don Francisco Pacheco est le representant d’un gouvernement europeen, il appartient a la vieille ecole des diplomates du commencement du siecle; pour ces deux raisons et d’autres encore que je passe sous silence, il nous a, nous autres pauvres diplomates et gouvernants americains, dans une estime assez mince, tant il est infatue de son merite et de sa superiorite sur nous, si j’etais assez niais pour lui prouver qu’il s’est laisse berner par un coquin, qui s’est joue de lui avec la plus audacieuse effronterie, don Francisco Pacheco serait furieux, non pas d’avoir ete trompe, mais de ce que j’aurais demasque le trompeur; son amour-propre blesse ne me pardonnerait pas, cet avantage que le hasard me donnerait gratuitement sur lui, et d’un ami utile, je me ferais un ennemi irreconciliable. –Ces raisons que vous daignez me donner, general, sont fort bonnes, je le reconnais; malgre tout cet homme est un traitre. –C’est vrai, mais ce n’est pas un sot, tant s’en faut; que demain je livre bataille site de l’entreprise et que je sois vainqueur, soyez persuade qu’il demeurera attache a ma fortune, ainsi qu’il l’a deja fait a Toluca. –Fidele, oui, jusqu’a ce qu’il trouve une occasion favorable de vous trahir definitivement. –Je ne dis pas non, mais qui sait? Peut-etre trouverons-nous, d’ici la, le moyen de nous en defaire, sans bruit et sans scandale. L’aventurier reflechit un instant. –Tenez, general, dit-il tout a coup, ce moyen je crois l’avoir trouve. –Avant tout, laissez-moi vous adresser une question, et promettez-moi de me repondre. –Je vous le promets. –Vous connaissez cet homme, il est votre ennemi personnel.

–Oui, general, repondit-il franchement. –Je m’en doutais, l’acharnement que vous mettez a le perdre ne me semblait pas naturel; maintenant voyons votre moyen. –Le seul motif qui vous retient, vous me l’avez dit vous-meme, est la crainte d’indisposer l’ambassadeur de Sa Majeste catholique. –C’est le seul en effet, don Jaime. –Eh bien, general, si le senor Pacheco consentait a abandonner cet homme? –Vous parviendriez a obtenir cela? –J’obtiendrai plus s’il le faut, je me ferai donner par lui une lettre dans laquelle non seulement il abandonnera don Antonio Cacerbar, ainsi qu’il se fait nommer, mais encore ou il vous autorisera a le mettre en jugement. –Oh! Oh! Vous vous avancez beaucoup il me semble, don Jaime, dit le President avec doute.

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