Le bruit leger des vaguelettes sur la greve couvrait le bruit de la marche du petit

–Oh! du canot! Maurin sursauta. On entendit le rire des deux gendarmes qui domina le clapotis de la mer. –Ils m’ont pris! se dit Maurin tout haut, en examinant le yacht. Le comte en personne, souriant, etait accoude au couronnement de son joli navire. Maurin, debout, tenait ses avirons immobiles.

–Eh be, que me voulez-vous? cria-t-il. ce site Il se rapprocha du yacht. Les gendarmes n’entendirent plus les paroles qui s’echangeaient. –Est-ce vous qu’on nomme Maurin des Maures? interrogea le comte de Siblas.

–C’est moi.

Et c’est vous le comte, apparemment? –Lui-meme. Vous n’avez que deux faisans? –Pourquoi deux seulement? Par un bonheur j’en ai trois.

–Voulez-vous me les vendre? J’ai du monde a diner et mon garde est une mazette. –Je vous les offre en ce cas, bien volontiers, monsieur le comte; d’autant plus que, il n’y a pas dix minutes, ils etaient encore a vous! –Voulez-vous avoir l’obligeance de me les apporter, Maurin? Maurin prit son parti en homme d’esprit qu’il etait. –Si vous etes bien sur qu’on me laissera ensuite me retirer librement?. .

. –C’est vous qui devez en etre sur. –Alors, ca va! fit Maurin joyeusement. Il accosta l’echelle qu’on developpait pour lui, il y amarra son embarcation et, leste, monta a bord de l’_Ondine_.

–Je desirais vous voir, dit le comte. –Payez-vous-en! fit Maurin en repoussant d’un revers de main son chapeau sur sa nuque.

. .

J’en vaux la peine.

Tel que vous me voyez, il n’en existe pas deux comme moi, dans le pays du moins. –On parle de vous, meme a Paris! –On est bien bon, monsieur le comte.

En dit-on du bien, au _moinsse_? –Du bien et du mal, comme de tout homme. –Allons, ca me fait plaisir. .

. Comme ca, vous me reprenez les petites betes? Il elevait les faisans a bout de bras d’un air de regret. –Non, Maurin, je vous les offre, car je sais qu’ils vous sont commandes.

Je voulais voir si vous etiez l’homme qu’on m’a dit, et capable de croire a une parole qu’on vous donne. –Eh bien! vous avez vu! Mais, puisque vous etes si aimable vous en accepterez au moins un.

. . je l’ai en _trope!_ –Merci. Je l’accepte. Je suis content que vous ayez confiance en moi. Celui qui se fie a la parole des autres sait, a coup sur, tenir la sienne.

–Oh! dit Maurin, rien qu’a votre figure, j’ai compris que je pouvais. . . –Et si je vous demandais de ne plus tuer de mes faisans? –Je n’aimerais pas beaucoup vous promettre ca, dit Maurin. . . Bah!. . . voyez-vous, monsieur le comte, je viens si rarement que ce n’est pas la peine d’en parler. Je n’abuse pas! –Je l’espere bien.

Voyons, Maurin, combien en voulez-vous par an, de mes beaux faisans? –Ne fissons (fixons) rien, que vous y perdriez. Les commandes sont rares; et puis, tenez, a l’avenir, je viendrai moins souvent. . . –Pourquoi cela, maitre Maurin? –Parce que vous etes aimable. . . J’epargne les amis.

Et meme, a ce point de vue, j’aimerais mieux ne pas vous connaitre. –Vous etes republicain, monsieur Maurin? –A votre service, monsieur le comte, au banquet de la misere (sic).

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