L’aventurier se mordit les levres avec depit et fit disparaitre les malencontreux revolvers

–Eh bien, non, s’ecria-t-il d’une voix vibrante, non, je vous le repete, je ne vous tuerai pas, vous n’etes pas digne de mourir de la main d’un honnete homme; mais je saurai vous contraindre a m’avouer la verite. Le jeune homme le regarda avec une expression singuliere. –Essayez, dit-il en haussant les epaules avec dedain.

Puis il se mit a tordre negligemment entre ses doigts une delicate cigarette de paille de mais, l’alluma, et lancant vers le plafond une bouffee de fumee bleuatre et odorante: –Allez, dit-il, je vous attends.

–Bon; voici ce que je vous propose: vous etes mon prisonnier, eh bien, je vous rendrai voire liberte, si vous remettez dona Dolores entre, je ne dirai pas mes mains, mais celles du comte de la Saulay, son cousin, qu’elle doit incessamment epouser. –Hum! Ceci est grave, cher seigneur; remarquez que je suis le tuteur legal de ma soeur. –Comment, son tuteur? –Oui, puisque notre pere est mort. –Don Andres de la Cruz est mort? s’ecria l’aventurier en se levant d’un bond. –Helas, oui! repondit hypocritement le jeune homme en levant les yeux au ciel, nous avons eu la douleur de le perdre avant-hier au soir, hier matin il a ete enterre; le pauvre vieillard n’a pu resister aux affreux malheurs qui ont accable notre famille, la douleur l’a brise; sa fin a ete fort touchante. Il y eut un silence; Olivier marchait de long en large dans la chambre.

Tout a coup, l’aventurier s’arreta en face du jeune homme. –Sans ambages ni circonlocutions, lui dit-il, voulez-vous, oui ou non, rendre la liberte a votre soeur? –Non, repondit resolument Melchior. –Bien, reprit froidement l’aventurier; alors tant pis pour vous. A ce moment, la porte s’ouvrit, un jeune homme de haute mine et elegamment vetu entra dans la chambre.

A la vue de ce jeune homme, un sourire narquois eclaira le visage de don Melchior.

–Eh! drive-master.com dit-il a part lui, les choses pourraient tourner autrement que ce cher don Adolfo ne le suppose. Le jeune homme salua poliment et s’approcha du maitre de la maison avec lequel il echangea une poignee, de main. –Je vous derange, demanda-t-il, en jetant sur le moine suppose un regard indifferent. –Au contraire, cher don Diego, vous ne pouviez arriver plus a propos mais par quel hasard vous vois-je a une heure si insolite? –Je viens vous annoncer une bonne nouvelle. Le comte de la Saulay, votre ennemi particulier, est en notre pouvoir, mais comme il est Francais et qu’il y a certaines considerations a garder, le general a decide de l’envoyer, sous bonne escorte, a notre illustrissime president. Une autre bonne nouvelle, vous etes charge du commandement de cette escorte. –!Demonios! s’ecria triomphalement Melchior, vous etes un brave ami.

Mais maintenant, a mon tour: regardez bien ce religieux, le reconnaissez-vous, non? Eh bien, cet homme n’est autre que cet aventurier nomme don Adolfo, don Olivero, don Jaime, que sais-je encore? Et que depuis si longtemps on poursuit vainement. –Serait-il possible? s’ecria don Diego. –C’est vrai, dit alors don Adolfo.

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