L’aventurier demeura un instant immobile, douloureusement affecte de l’incredulite du president

–Oh! murmura-t-il tristement, ceux que Dieu veut perdre, il les aveugle! Helas! Maintenant tout est fini, cet homme est irremissiblement condamne, sa cause est perdue! Il sortit du palais en proie aux plus sinistres previsions. XXXII EL PALO QUEMADO L’aventurier avait, ainsi que nous l’avons dit, quitte le palais; la place Mayor etait deserte, l’effervescence populaire s’etait calmee aussi vite qu’elle s’etait soulevee; grace aux prieres de certaines personnes influentes, les soldats etaient rentres dans leurs quartiers; les leperos et autres citoyens tout aussi recommandables qui formaient la majorite de la populace ameutee, voyant que decidement il n’y avait rien a faire et que les victimes qu’ils convoitaient leur echappaient definitivement, avaient fini apres quelques cris et quelques huees pousses en maniere de consolation par se dissiper a leur tour et a regagner les bouges plus ou moins mal fames toujours ouverts dans les bas quartiers de la ville et ou ils etaient surs de trouver asile.

Seul, Lopez etait demeure ferme a son poste. L’aventurier lui avait ordonne de l’attendre a voir la page la porte du palais et il l’attendait, seulement comme la nuit etait noire et que la plus profonde obscurite avait succede a l’illumination radieuse de la soiree, il l’attendait la main sur ses armes, les yeux et les oreilles au guet, afin de ne pas etre, malgre le voisinage du palais, surpris et devalise par quelque rodeur de nuit desoeuvre, qui n’aurait pas ete fache de profiter de cette bonne aubaine, si le peon n’avait pas fait aussi bonne garde. Lorsque Lopez vit s’ouvrir la porte du palais, il comprit que son maitre, seul, pouvait en sortir aussi tard et il s’approcha de lui.

–Quoi de nouveau? demanda l’aventurier en mettant le pied a l’etrier. –Pas grand chose, repondit-il. –Tu en es sur? –A peu pres; cependant maintenant que j’y reflechis, il me semble avoir tout a l’heure apercu quelqu’un de ma connaissance sortant du palais. –Ah! Il y a longtemps? –Ma foi non, un quart d’heure, vingt minutes au plus, mais je crains de m’etre trompe, parce qu’il portait un costume si different de celui sous lequel je l’ai connu, et puis j’ai eu si peu le loisir de le voir. –Eh bien! Qui as-tu cru reconnaitre? –Vous ne me croirez pas, si je vous dis que c’etait don Antonio Cacerbar, mon ancien blesse. –Au contraire, car moi, je l’ai vu au palais.

–Ah, demonio, alors! Je regrette bien de n’avoir pas ecoute sa conversation. –Comment, sa conversation? Ou? Avec qui, parle ou etrangle; voyons, t’expliqueras-tu a la fin? –M’y voici, m’y voici, mi amo; a sa sortie du palais, il y avait encore quelques groupes sur la place, un homme s’est degage d’un de ces groupes et s’est approche de don Antonio. –Et cet homme, l’as-tu reconnu? –Pour cela non, vu qu’il avait un chapeau de vigogne a large bord, abattu sur les yeux et qu’il etait embosse jusqu’au nez dans un grand manteau, et puis il ne faisait pas beaucoup plus clair qu’en ce moment. –Au fait! Au fait! s’ecria l’aventurier avec impatience.

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