La petite ville d’auriol organisait une importante exposition agricole; il y avait un grand nombre de

. . CANARDS. Quel trait de lumiere! il allait pouvoir se debarrasser des siens! « Il sera accorde un prix de quatre mille francs a l’exposant qui aura presente le plus beau couple de canards modeles! « Messieurs les exposants peuvent retenir a l’avance des cages d’un, de deux, trois et quatre metres carres pour leurs volatiles. Donner exactement noms, prenoms et adresse. Ces emplacements sont accordes gratuitement. _Nota. _–Si le jour de l’inauguration du comice agricole, l’emplacement, qui doit etre retenu par lettre, n’est pas occupe, il sera paye un dedit de cent francs par metre carre. « Adresser toutes demandes a M.

Z. , directeur de la section 4, telle rue, tel numero, a Auriol.  » Pierre d’Auriol ecrivit une lettre detaillee a M. Z. pour retenir un emplacement de deux metres carres, avec bassin et eau courante, et revint a l’hotel. Les canards, dans la cour de l’hotel, le saluerent de leurs coin-coin d’affames. Il leur fit donner une patee abondante et declara au patron de l’hotel qu’il partirait le lendemain ou le surlendemain, emmenant ses precieux canards.

Le patron lui conseilla de les expedier le jour meme. –Mais, dit Pierre, on n’acceptera la-bas les envois des exposants que dans quinze jours exactement. –N’avez-vous pas dans cette ville un ami qui leur donnera l’hospitalite?.

. .

Du reste, vous arriverez presque en meme temps que ces interessantes volailles.

Je vous avoue qu’ici elles me genent un peu. Et puis. . .

Si l’envie vous venait de demeurer trois jours au Havre, pour vous reposer?. .

. –Coin! coin! coin! dirent les canards. –Parbleu! pensa Pierre d’Auriol, j’ai, a Auriol, mon frere Paul, le secretaire de la mairie. Je vais lui expedier mes canards.

Il les expedia et negligea d’ecrire a Paul.

Pierre passa deux jours au Havre, ou il avait rencontre un bon camarade d’ecole, puis il s’oublia une dizaine de jours a Paris. Et quand il arriva chez son frere a Auriol, le premier mot qu’il lui adressa fut celui-ci: –Eh bien, et mes canards? Comment les as-tu trouves? –Excellents, dit Paul. Pierre tomba, aneanti, sur une chaise en gemissant. –Malheureux! tu les as manges! –Et que diable voulais-tu que j’en fisse? –Helas! j’avais arrete par lettre une cage de deux metres carres. . . –Il fallait donc me prevenir! –C’etaient des voir la page canards d’exposition, ils valaient deux mille francs piece, puisqu’ils m’auraient donne le grand prix du concours qui est de quatre mille. . . Et maintenant. . . je dois un dedit de deux cents francs! Et je ne possede plus sur terre que treize francs soixante et quinze! « Je suis perdu, definitivement perdu! –Et pourquoi perdu, mon oncle? dit le jeune d’Auriol, Theodule, qui revenait juste a ce moment-la du college ou il etait externe. Son pere expliqua l’aventure a ce jeune gaillard de seize ans qui pouffa de rire. –Et voila ce qui vous desole? Ah! mon oncle, je vais vous tirer de ce mauvais pas. Laissez-moi faire. Qu’on m’apporte la cage.

On ne l’a pas mangee, j’espere, la cage? Pendant qu’on la recherchait au grenier, Theodule sortit.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *