–je vous ai dit, n’est-ce pas, que l’hacienda del arenal avait ete surprise parles guerilleros

–Oui, fit-elle, palpitante d’effroi. –Savez-vous qui commandait les Juaristes et leur servait de guide? Don Melchior de la Cruz. –Oh! s’ecrierent les deux femmes avec horreur. –Plus tard, lorsqu’a la suite d’un traite don Andres et sa fille parvinrent a obtenir l’autorisation de se retirer sains et sauf a Puebla, un homme leur tendit un guet-apens a quelque distance de la ville et les attaqua traitreusement; cet homme, c’etait encore don Melchior. –Oh! C’est horrible! firent-elles en se cachant le visage dans les mains et en eclatant en sanglots. –N’est-ce pas? reprit-il, d’autant plus horrible que don Melchior avait froidement calcule la mort de son pere, qu’il voulait par un parricide s’emparer de la fortune de sa soeur, fortune a laquelle il n’a aucun droit, et que le mariage prochain de dona Dolores lui enleve tout entiere, ou du moins il le croyait ainsi. –Cet homme est un monstre, dit dona Maria. Les deux dames avaient ete alterees par cette revelation. Leur intimite etait grande avec la famille de la Cruz, les deux jeunes filles avaient ete presque elevees ensembles; elles s’aimaient comme deux soeurs, bien que dona Carmen fut un peu plus agee que dona Dolores; aussi la nouvelle du malheur qui etait si a l’improviste venu fondre sur don Andres, les remplissait-elles de douleur; dona Maria insista chaleureusement pres de don Jaime pour que don Andres et sa fille fussent amenes a Mexico et loges dans sa maison, ou dona Dolores trouverait ces soins et ces consolations dont apres un tel desastre elle devait avoir si grand besoin. –Je verrai, je tacherai de vous satisfaire, repondit don Jaime, cependant je n’ose rien vous promettre encore; je compte partir aujourd’hui meme pour Puebla, et si je n’attendais pas la visite du baron de Meriadec, je partirais tout de suite. –Cette fois sera la premiere, dit doucement dona Maria, que je vous verrai nous quitter presque sans regret. Don Jaime sourit. En ce moment on entendit ouvrir la porte de la rue et resonner les pas d’un cheval dans le zaguAn. –Voici le baron, dit l’aventurier, et il alla au-devant de son visiteur. C’etait effectivement Dominique qui arrivait. Don Jaime lui tendit la main, et lui lancant un regard significatif: –Soyez le bienvenu, mon cher baron, lui dit-il en francais, langue que les deux dames parlaient fort bien, je vous attendais avec impatience. Le jeune homme comprit que jusqu’a nouvel ordre il devait garder son incognito. –Je suis veritablement desole de vous avoir fait attendre, mon cher don Jaime, repondit-il, mais j’arrive de Puebla a franc-etrier et je ne vous apprendrai rien de nouveau en vous disant que la route est longue. –Je la connais, reprit en souriant don Jaime, mais venez donc que je vous presente a deux dames qui desirent vous connaitre, ne demeurons pas davantage ici.

–Mesdames, dit entrant drive-master.com don Jaime, permettez-moi de vous presenter le baron Charles de Meriadec attache a l’ambassade francaise, un de mes meilleurs amis dont j’ai eu occasion de vous entretenir.

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