Je ne suis pas un de tes alligators, moi! –comme ca, dit caboufigue, tu t’es fait

Quand une fille est devenue mere, on devrait l’estimer pour ca, le site au lieu qu’on l’encourage a cacher le petit; et les enfants qu’on abandonne, ca fait des hommes qui s’enragent.

J’ai connu trop tard celui-ci.

J’etais trop jeune quand je l’ai eu; ca n’est pas ma faute.

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. S’il tourne bien, il sera de mes heritiers, mais il n’en prend pas la route! –Il est jeune, il peut changer, dit Caboufigue. Puis, avec un ton de pitie bete parce qu’elle etait dedaigneuse: –Tu aurais du etre riche de naissance. Tu aurais ete plus heureux en femmes, car ce n’est pas le nombre qui fait le bonheur. –Sur cette question, dit Maurin, j’ai mes idees. L’amour et la fortune ne vont pas toujours par la meme route.

Un pauvre est souvent plus heureux qu’un roi.

–Quand j’etais roi chez les negres, dit Caboufigue,–en assurant sur sa tete son grand chapeau de feutre pose en couronne, un peu en arriere,–j’ai pense bien souvent qu’il y a une destinee pour chacun de nous, et qu’on ne peut pas la changer. La mienne est dans la richesse et les grandeurs.

La tienne, mon brave Maurin, est de transpercer des perdrix, des lievres et des coeurs de femme.

–Et des sangliers! completa Maurin.

J’ai trente-quatre queues de porcs a la maison. . .

une vraie fortune, comme tu vois! Est-ce que tu ne pourrais pas monter une affaire avec mes queues de cochon? Je te les donnerais de bon coeur!. . . Tiens, mon pauvre Caboufigue, apprends que je ne changerais pas avec toi! J’ai beau te regarder, tu ne sembles pas heureux, Caboufigue. Et tu ne devais pas l’etre, meme quand tu etais roi. . .

–Je suis heureux, dit Caboufigue, qui mentait par orgueil; je suis heureux. –Je suis curieux de ton bonheur, dit Maurin, explique-le-moi. –Depuis les princes et les ministres, en passant par les prefets et les notaires, pour arriver a mes enfants et a mes domestiques, tout le monde, dit fastueusement Caboufigue, me parle de mon argent, m’en emprunte ou m’en vole! –Tu as le bonheur facile, dit Maurin.

S’il ne faut que te demander ta bourse pour te rendre heureux, passe-la-moi, je te la rendrai. –Tu me comprends mal ou tu fais semblant, Maurin. J’ai voulu dire que l’or me rend heureux parce qu’il met le monde a mes pieds. –Le monde? fit Maurin. Alors, je ne suis pas du monde, car je ne suis pas a tes pieds. –C’est vrai, fit Caboufigue, tu ne m’as jamais jusqu’ici demande d’argent. Voila pourquoi je t’ai toujours aime. –Et, dit Maurin, en riant de l’enflure et de la franchise du financier, tu ne m’en as jamais offert! –En veux-tu?. . . un peu? dit Caboufigue. –ca me couterait trop cher.

–Et quoi? –Un rien de ma liberte.

–Sacre Maurin! s’ecria Caboufigue, sais-tu que tu es un phenomene! Depuis que j’ai beaucoup d’argent, tu es le seul homme avec qui j’aie pu causer deux heures de file sans qu’il m’ait soutire cinq francs ou cinq cent mille. –Et, dit Maurin, je ne t’en soutirerai jamais. L’argent brouille les amis.

–Tu as raison, dit Caboufigue d’un ton de conviction inimitable.

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