–je ne blame pas cette resolution, elle est digne de vous, general; me permettez-vous de vous

–Bon, j’ai le temps alors d’expedier deux ou trois batteurs d’estrade intelligents qui vous informeront de la position exacte de l’ennemi. –Bien que plusieurs soient deja partis, j’accepte votre offre avec reconnaissance, don Jaime. –Maintenant, veuillez me dire quelle direction vous comptez suivre, et le corps que vous avez resolu d’attaquer.

–Je veux prendre le taureau par les cornes, c’est a GonzAlez Ortega lui-meme que j’ai l’intention d’avoir affaire. L’aventurier hocha la tete, mais il ne hasarda pas la plus legere observation. –C’est bien, dit-il. Miramon quitta son bureau et vint s’asseoir pres de lui. –La! Voila qui est fini, dit-il; maintenant me voici tout a vous, voyons, je devine que vous desirez me faire quelque communication importante: parlez, don Jaime, je vous ecoute. –Vous ne vous trompez pas, general; j’ai en effet a vous communiquer une affaire de la plus grande importance, veuillez etre assez bon pour prendre connaissance de ce papier. Et il presenta au President un papier plie en quatre. Le President le prit, le lut sans que sur son visage eclatat la moindre marque de surprise, puis il le rendit a l’aventurier. –Vous avez lu la signature? dit celui-ci. –Oui, repondit-il froidement, cet ecrit est une lettre de creance donnee par don Benito JuArez a don Antonio Cacerbar, pour lui servir aupres de ses adherents. –C’est bien cela, en effet, general; il ne vous reste plus aucun doute, maintenant, sur la trahison de cet homme? –Aucun.

–Pardonnez-moi de vous interroger, general: que comptez-vous faire? –Rien. –Comment, rien? s’ecria-t-il avec une surprise nullement jouee. –Non, je ne ferai rien, reprit-il. L’aventurier fit un geste de stupeur. –Je ne vous comprends pas, Excellence, murmura-t-il. –ecoutez-moi, don Jaime, et vous me comprendrez, repondit le President d’une voix douce et penetrante.

Don Francisco Pacheco, l’ambassadeur extraordinaire de Sa Majeste la reine d’Espagne, m’a rendu, drive-master.com depuis son arrivee au Mexique, d’immenses services; apres la defaite de Silao, lorsque ma situation etait des plus precaires, il n’a pas hesite a reconnaitre mon gouvernement; depuis, il m’a prodigue les meilleurs conseils et donne les preuves les plus grandes de sympathie; sa conduite a ete si bienveillante envers moi, qu’il a compromis sa position diplomatique et que des que JuArez arrivera au pouvoir, il lui donnera ses passeports: le senor Pacheco sait tout cela et cependant, en ce moment ou je suis presque perdu, sa conduite demeure la meme; c’est sur lui seul, je vous l’avoue, que je compte, pour obtenir de l’ennemi, au cas probable d’une defaite, de bonnes conditions, non pour moi, mais pour la malheureuse population de cette ville, et les personnes qui, par amitie pour moi, se font le plus compromises pendant ces derniers temps. Or, l’homme dont vous me denoncez la trahison, trahison, je me hate d’en convenir avec vous, tellement flagrante, qu’il ne peut exister le plus leger doute a cet egard; cet homme non seulement est Espagnol et porteur d’un grand nom, mais encore il m’a ete personnellement recommande par l’ambassadeur lui-meme, dont, j’en suis convaincu, la religion a ete surprise et qui a ete le premier trompe en cette circonstance.

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