Ils furent contraints de le laisser agir a sa guise

–Partons-nous? dit Miramon a Lopez. –Allons, general. Ils se mirent en marche; tous ces mouvements avaient ete executes dans le plus grand silence, avec une rapidite et un ensemble admirable. Lopez ne s’etait pas trompe: le sentier qu’il avait fait prendre aux troupes etait si rocailleux et si difficile, que les troupes avancaient beaucoup plus rapidement a pieds. –Ce sentier se prolonge-t-il ainsi longtemps? demanda le president au guide. –Jusqu’a demi-portee de fusil a peu pres de Toluca, general, repondit celui-ci; arrive la, il monte par une pente assez rapide, en s’elargissant beaucoup, jusqu’a dominer Toluca, ou il est facile de descendre meme avec la cavalerie au galop. –Hum! Il y a du bon et du mauvais dans ce que tu m’apprends-la.

–Je ne comprends pas, Excellence. –Dam, c’est assez clair cependant, il me semble: suppose que les Puros aient place un cordon de sentinelles sur la hauteur, notre projet sera evente et notre expedition inutile, tu n’as pas reflechi a ce que tu faisais en nous conduisant par ici. –Pardon, Excellence, les Puros savent qu’aucun corps d’armee ne bat la campagne, ils se croient certains de n’avoir pas d’attaque a redouter; ils ne prennent donc pas des precautions, qu’ils considerent comme inutiles; de plus, les hauteurs dont vous parlez, sont trop eloignees de l’endroit ou ils camperont, et surtout trop elevees pour qu’ils songent a les couronner. –Enfin, murmura le general, a la grace de Dieu! ce site Maintenant que je suis ici, je ne reculerai pas. Ils continuerent a s’avancer en redoublant de precautions. Depuis vingt-cinq minutes environ ils etaient engages dans le sentier, lorsque Lopez, apres avoir jete autour de lui un regard scrutateur, s’arreta subitement.

–Que fais-tu? lui demanda le general. –Vous le voyez, Excellence, je m’arrete; de l’autre cote de ce coude, qui est la devant nous, le sentier commence a monter, nous ne sommes plus qu’a une portee de fusil au plus de Toluca; si vous me le permettez, je vais me lancer en avant, en enfant perdu, afin de m’assurer que les hauteurs ne sont pas surveillees et que vous avez le passage libre. Le general le regarda attentivement. –Vas, lui dit-il enfin, nous attendrons ton retour pour pousser en avant, je me fie a toi. Lopez se debarrassa de ses armes et de son chapeau, qui non seulement lui etaient inutiles, mais encore auraient pu le trahir, et s’etendant sur le sol, il commenca a ramper a la mode indienne et ne tarda pas a disparaitre au milieu des halliers qui bordaient le sentier. Cependant, sur un signe du president, le mot de halte avait rapidement circule dans les rangs et l’armee s’etait arrete presqu’instantanement. Quelques minutes s’ecoulerent. Les generaux s’etaient rapproches, ils entouraient le president. Le guide ne revenait pas. L’anxiete etait au comble. –Cet homme nous trahit, dit le general Cobos. –Je ne le crois pas, repondit aussitot Miramon, je suis sur de celui qui me l’a adresse. En ce moment, les buissons s’ecarterent et un homme parut.

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