Ils etaient gais, excites par les propos libres et les bons vins qu’ils avaient bus dans

Ayant rencontre, pres de la ville, un paysan qui s’en retournait chez lui monte sur son ane, ils le plaisanterent a qui mieux mieux et, de fil en aiguille (le paysan repondant a la galegeade par la galegeade), ils lui proposerent de jouer avec eux. . .

au Parlement. S’il consentait a tenir le role de _l’accuse_ dans la comedie qu’ils allaient improviser, il aurait pour sa recompense un bel ecu d’argent. Le paysan, bonhomme, y consentit. On prit gout au jeu, on s’echauffa, et ayant juge le manant pour rire. . . on le pendit pour de bon! « Ce crime ne fut pas puni.

Un proces en regle aurait compromis des noms de juges trop illustres! « Voila a quelle conception de l’inegalite des hommes en etaient arrives quelques-uns au moins des puissants du jour, ceux que la Revolution allait abattre.

Ces illustres, ces bien-nes pouvaient tout faire, tout se permettre contre le droit des humbles. « Tout une caste, ou du moins (et cela suffit) les plus orgueilleux d’une caste orgueilleuse, se le site croyaient tellement au-dessus du peuple qu’ils prenaient avec lui toutes licences. C’etait, devenu legion, Neron, incarnation de toute-puissance et d’orgueil.

C’etait la tyrannie d’une seule classe de citoyens sur toutes les autres, et, dans le crime commis contre tout ce qui n’etait pas elle, elle goutait des joies sadiques, monstrueuses. Voila ce que la Revolution vint detruire d’une facon immediate, sans pitie, au nom d’une pitie superieure, a longue echeance. « A ce meurtre du paysan d’Aix, pendu par des fils de parlementaires en humeur de rire (histoire exceptionnelle, je le veux bien, mais qui ne serait plus possible de nos jours, sinon au fond de l’Afrique et contre des negres, et pour les memes motifs d’orgueil maladif), l’evolution morale, le progres moral de notre civilisation libertaire repondent aujourd’hui par l’histoire (exceptionnelle aussi, je le veux bien), de _La lievre de juin_, que Maurin nous a contee hier. « L’homme est devenu meilleur pour l’homme et meme pour les betes.

« Et je n’ajouterai qu’un mot: Le genie lui-meme ne met pas l’homme au-dessus des hommes. Le savant ou l’artiste n’est digne du respect universel que lorsque, bien loin de s’isoler dans des oeuvres d’orgueil, inaccessibles aux masses, il devient au contraire le coeur multiplie qui se donne aux foules pour les consoler ou les guerir. « Allons! allons, conclut M. Rinal, vous nous avez promis une histoire gaie, Cabissol, contez-nous-la. Cabissol commenca ainsi: LES CANARDS DU LABRADOR. . .

. CHAPITRE XLVIII La merveilleuse histoire des _Canards du Labrador_. La famille des d’Auriol est bien connue en Provence depuis le XVIIIe siecle. C’est vers 1786 que l’aieul illustre de cette noble famille, boulanger de profession, prononca le mot historique dont tout le monde en Provence connait la fortune: _iou siou d’oouruou: m’en fouti_. Si vous avez oublie cette histoire, permettez-moi de vous la rappeler.

Un certain Jean, natif d’Auriol, etait alle passer son dimanche a Roquevaire. A Roquevaire il assista au prone.

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