Il y a des perdreaux qui, de remise en remise, arrivent vivants a la fermeture de

Sans ca, pechere! la race, vois-tu, s’en perdrait et ce serait malheureux. Vers le soir, Orsini entendit sa fille chanter dans le bois voisin. –Allons, tant mieux! dit-il. Elle n’a pas de chagrin. Elle chantait la _Gallinette_: « Dans le bois, Joli bois! En ai tant cueilli, recueilli Que me suis endormie. Ai tant dormi et redormi Que la nuit m’a surprise. « Oh! qui m’aide a passer le bois Je suis sa douce amie.

 » Vient a passer gai chevalier: « Moi vous le passerie! » Ne sont pas au mitan du bois Qu’un baiser il derobe. « Arriere un peu, beau chevalier Prendriez ma maladie. –Quelle maladie avez-vous, Rosette belle fille? –Je suis la fille d’un lepreux Ne dans la leprerie.  » Quand ils eurent passe le bois Rose se met a rire. –« De quoi riez, Rose, m’amour? Rosette belle fille? » –Ne ris pas de votre beaute Ni de votre sottise. Je ris d’avoir passe le bois Comme une honnete fille. –Belle, si voulez retourner Cent ecus vous darie. –Mon bon monsieur, quand on la tient, Faut plumer la poulette, Dans le bois, Joli bois! » Le brave Orsini n’attachait aucun sens particulier a ces paroles, qui du reste lui arrivaient peu distinctes. –Allons, tant mieux, se repetait-il, elle n’a pas de chagrin. Et Tonia pensait: –Je ne sais pas ce que je me desire, pauvre de moi! CHAPITRE XXVII Ou l’on verra le roi des Maures sacre non pas a Reims mais a Draguignan; et d’une conversation de haute portee entre un policier amateur et un savant inconnu. Cabissol etait devenu pour M. le prefet, qui s’ennuyait un peu a Draguignan, un compagnon interessant et en meme temps un aide devoue, du moins en ce qui touchait a la police voir la page generale du departement. MM. les commissaires n’en prenaient pas ombrage car le policier amateur les faisait maintes fois beneficier de ses decouvertes; et, dans plus d’une grosse affaire ou la police avait du donner « sa langue aux chats », M. Cabissol, pousse et soutenu par sa passion de curieux, avait trouve « la clef » et fait prendre les coupables. –Si j’ai bien compris notre Maurin, dit le prefet a Cabissol, son appui aux elections prochaines nous sera de premiere utilite pour combattre certain candidat dangereux et faire triompher le « bon », c’est-a-dire le notre, qui est effectivement un brave homme. Il est aussi mon parent, comme je vous l’ai dit, mais ce n’est pas une raison pour que je ne m’interesse pas a son succes. –Vous aurez Maurin pour vous, je m’en charge; il vous l’a d’ailleurs presque promis. –Comment formera-t-il son opinion sur notre ami Verignon? –Laissez-moi faire.

Je vous dirai cela bientot. Les elections n’auront lieu que dans six mois, mais il n’est pas mauvais de s’en occuper a l’avance. Je vais voir Maurin. –Ou cela? –Je n’en sais rien, je vais a sa recherche. –Recommandez-lui d’etre sage.

Nous avons eu toutes les peines du monde a faire classer son affaire de l’enlevement des chevaux. Le commandant de gendarmerie n’etait pas content. Dites-lui que ces plaisanteries-la pourraient lui couter cher, a la fin, et que toutes les protections du monde, a un moment donne, ne servent plus de rien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *