Il subit une deroute complete, perdit son artillerie et lui-meme fut sur le point de perir;

De la, sans se laisser abattre par la mauvaise fortune, le general Miramon etait revenu a Mexico dont les habitants avaient ainsi appris tout a la fois sa defaite, son arrivee et son intention de se soumettre a une nouvelle election. Le resultat ne trompa pas l’attente secrete du general, il fut elu president par la Chambre des Notables presqu’a l’unanimite[1]. site de l’entreprise Le general, en homme qui comprend que le temps presse, preta serment et entra immediatement en fonctions. Bien que materiellement le desastre de Silao fut presque nul, cependant au point de vue moral l’effet produit avait ete immense. Miramon le comprit, il s’occupa activement de remettre un peu d’ordre dans les finances, de se creer des ressources precaires, mais suffisantes pour les besoins urgents de la situation, de lever de nouvelles troupes, enfin de prendre toutes les precautions que commandait la prudence. Malheureusement, le president etait contraint d’abandonner plusieurs points importants pour concentrer ses forces autour de Mexico, et ces divers mouvements, mal compris par la population, l’inquietaient et lui faisaient redouter des malheurs prochains.

Dans ces circonstances, le president voulant sans doute donner satisfaction a l’opinion publique, et rendre un peu de tranquillite a la capitale, consentit ou feignit de consentir a entamer avec JuArez, son competiteur, dont le gouvernement siegeait a la Veracruz, des pourparlers pour arriver a la conclusion, sinon de la paix, du moins d’un armistice destine a arreter provisoirement l’effusion du sang. Malheureusement, une nouvelle complication vint rendre impossible tout espoir d’arrangement.

Le general MArquez avait ete envoye au secours de Guadalajara, qui, d’apres ce qu’on supposait, continuait a resister avec succes aux troupes federales, mais tout a coup, sans que rien ne fit prevoir ce resultat, a la suite de l’enlevement par les federaux d’une conducta de plata, appartenant a des negociants anglais, un armistice fut conclu entre les deux corps belligerants, armistice auquel l’argent de la conducta ne fut sans doute pas etranger, et le general Castillo, commandant de Guadalajara, abandonne par la plupart de ses troupes, se vit force de partir de la ville et de se refugier sur le Pacifique; de sorte que les federaux libres de cet embarras, se reunirent contre MArquez, le battirent et detruisirent son corps le seul qui tenait la campagne. La situation se faisait donc de plus en plus critique, les federaux ne rencontrant plus ni obstacle, ni resistance dans leur marche victorieuse, debordaient de tous cotes; tout espoir de traiter etait perdu.

Il fallait combattre quand meme. La chute de Miramon, ne devenait plus pour ainsi dire qu’une question de temps; le general le comprenait sans doute parfaitement dans son for interieur, mais il n’en laissait rien paraitre et redoublait au contraire d’ardeur et d’activite pour parer aux embarras sans cesse renaissants de la situation. Apres avoir fait appel a toutes les classes de la societe, le president se resolut enfin a s’adresser au clerge que toujours il avait soutenu et protege; celui-ci repondit a son appel, leva d’urgence une dime sur ses biens et resolut de faire porter a la monnaie ses joyaux d’or et d’argent pour etre fondus et mis a la disposition du pouvoir executif.

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