Il se tourna vers jacques et se prit a le considerer attentivement

–Ton pere! Ce vieux Guillaume qui m’a si souvent porte sur ses genoux est ton pere? Tu t’appelles donc Jacques? Ce fut au tour de Jacques de tressaillir. Il regarda l’officier, tout emu, cherchant a lire sur son visage un nom que son coeur epelait tout bas. –Mon nom? vous savez mon nom? dit-il. L’officier lui tendit la main. –As-tu donc oublie M.

d’Assonville? reprit-il. –Notre bienfaiteur a tous! s’ecria Jacques. Et il attacha ses levres sur la main du capitaine. –Non pas celui-la, Jacques, mais son fils, Gaston d’Assonville. Le pere est la-haut; il a ete l’ami de Guillaume: le fils sera l’ami de Jacques. IV L’ESCARMOUCHE La troupe commandee par M. d’Assonville, capitaine aux chevau-legers, etait encore a dix minutes de l’abbaye de Saint-Georges, dont les murailles blanches se dessinaient entre des massifs d’arbres sur la droite du chemin, lorsqu’on entendit des coups de fusil petiller a une petite distance. Un paysan qui fuyait sur un mechant bidet apprit a M. d’Assonville qu’une vingtaine de maraudeurs s’etaient presentes a l’abbaye, avaient force les portes et ordonne aux religieux de preparer des vivres pour toute la troupe, s’ils ne voulaient pas voir leur maison mise a feu et a sang. –Qu’a fait l’abbe? demanda le capitaine, dont les yeux s’enflammerent. –Dame! reprit le paysan, il a vide la cave et fait dresser les tables. –Bien, nous mangerons le diner apres le bal. –Hum! fit l’autre, m’est avis, mon officier, que bien des danseurs manqueront au festin.

Les Hongrois sont nombreux. –Combien? –Mais six ou sept cents, tous a cheval et bien armes. Leur chef a fait sonner de la trompette; les bandes dispersees de toutes parts se sont reunies, et, en attendant que le souper soit pret, elles pilent Anvin. Le village etait en feu et la fusillade eclatait dans la plaine. M. d’Assonville se dressa sur ses etriers, l’epee a la main. Ce n’etait plus le pale jeune homme au front decolore.

L’eclair brillait dans ses yeux, le sang brulait sa joue.

–En avant! cria-t-il d’une voix tonnante, et du bout de son epee il montra a ses soldats le village flamboyant. Toute la troupe s’ebranla. A la vue des Francais, les clairons sonnerent et les ennemis se rangerent en bataille a quelque distance d’Anvin, aux bords de la Ternoise. Leur troupe etait nombreuse et bien montee; mais M. d’Assonville etait de ceux qui ne savent pas reculer; il fit mettre pied a terre aux grenadiers et les divisa par pelotons de vingt a vingt-cinq hommes entre ses cavaliers. –Jouez du fusil comme nous jouerons du sabre, leur dit-il, et nous ferons passer la riviere sans bateau a ces mechants droles. Les grenadiers crierent: Vive le roi! et appreterent leurs armes. Au moment ou M. d’Assonville allait donner le signal d’attaquer, un vieil officier lui toucha legerement le bras. –Monsieur le comte, lui dit-il, ils parisclick.fr sont deux contre un et l’avantage de la position est pour eux. –Quoi! c’est vous, monsieur du Coudrais, qui comptez l’ennemi! –Je dois compte au roi, mon maitre, de la vie de tous ces braves gens, reprit l’officier en montrant du bout de son epee les soldats impatients.

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