–il faut bien que ca me regarde, dit maurin, sans ca, je ne te le demanderais

–Je n’ai pas envie de causer, dit Cesariot. Est-ce que je vous demande votre nom, moi, a vous? –Non pas, mais je vais te le dire et ca te rendra, je pense, un peu mieux parlant.

Je m’appelle Maurin. –Maurin des Maures? s’exclama l’autre, avec un respect involontaire et mele d’une vague inquietude. –Tu l’as devine, mon garcon. Cesariot esquissa un salut: –Qu’est-ce qu’il y a pour votre service? –Je connais tes pensees, dit brusquement Maurin, entrant, sans crier gare, dans la conscience du personnage. –Eh bien, elles sont mauvaises. . . . Tu cherches ta mere! Tu crois que, des fois, elle vient dans ce pays-ci. Tu as tort et tu te trompes. Tu lis de mauvais livres et tu aimes des boissons mauvaises. ca te gate l’esprit et l’estomac; prends-y garde. –Je vous respecte, dit Cesariot baissant son front tetu, mais tout ca, c’est mes affaires! Maurin reprit posement: –Je vais te donner un bon conseil. –Je n’en demande pas! –Si ta mere ne t’a pas avoue, quelle qu’elle soit, celle-la, c’est surement, mon garcon, parce qu’elle n’a pas voulu, ou qu’elle n’a pas pu. .

. C’est trop clair. . . Si elle l’avait pu, si elle le pouvait, je m’imagine qu’elle le ferait. Comprends-tu? Alors, de la rechercher malgre elle, c’est agir avec betise. . . On touchait a l’idee fixe de Cesariot. Il fit mine de se derober. –C’est agir avec betise! reprit Maurin, en le retenant par le bras, a moins que ce soit par canaillerie!. . . Et avec une expression finaude qui plissait sa tempe: –Tu voudrais d’elle de l’argent, _preutretre_? –Et quand ca serait ca! dit Cesariot avec un mauvais regard. –Ah! le bougre! fit Maurin, d’un air plus ironique qu’irrite et d’une voix fluette et caline. Je vois, clair comme le jour, la petite canaille que toi tu es! Sa voix redevint forte et se fit severe: –Eh bien! ecoute, coquin! Tu vas rallier chez tes patrons. C’est moi, Maurin, qui t’en donne l’ordre. Et dans ton affaire, c’est moi, Maurin, qui y regarderai a partir d’a present; je m’en charge. .

. Et si tu files de Saint-Tropez, c’est moi, Maurin, qui t’irai chercher par les oreilles. –J’irai ou je voudrai, gronda Cesariot.

Lachez-moi, a la fin! Il n’y a pas de Maurin qui tienne! Les hommes sont libres. . . Je veux aller chez mes patrons si je veux et n’y pas aller si je ne veux pas.

–Ve! fit Maurin d’une voix satisfaite; il a du sang, le drole! Puis, de sa voix drive master de commandement et de colere: –Tu vas me promettre d’obeir, bougre de gamin! Tu n’es qu’un gamin et qu’un polisson, en train de preparer une action de betise et de mauvaisete: et je t’empecherai, sur comme je m’appelle Maurin! –Vous m’empecherez! vous! et de quel droit? hurla Cesariot. –Du droit de ceci, repliqua Maurin. Il avait saisi le « pitoua » par la cravate et il le secouait en le poussant devant lui.

Le jeune homme, qui reculait d’un pas a chaque saccade, vint s’adosser au tronc enorme du pin centenaire.

Hercule, voyant qu’il y avait bataille, voulut en etre et sauta aux jambes de Cesariot.

–Couche, Hercule! ne me l’abime pas! cria Maurin.

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