Il eut a ce prix entretenu trois grisettes pendant le meme nombre de semaines

Mais que d’heures exquises passees avec elle, si aimante et si douce! Elle doit bien souffrir en ce moment aux amers reproches de son mari. Cette supposition l’attendrit: toute la journee il y songea tristement.

Marceline s’evoque en visions delicieuses de charme et de bonte; et ces visions se dissipent et renaissent. . . Ou bien, qui sait, peut-etre, la finaude a-t-elle deja reconquis l’epoux, et lui la supplie-t-il, en larmoyant, de l’aimer. Car elle est forte en volonte, meme son amant, jamais ne put connaitre ce qu’elle pensait. . . Si le mari drive-master.com le blesse elle aimera davantage celui qui aura _verse son sang pour elle_: et la charmeuse blonde s’exaltera en faveur de la victime. N’est-ce pas un premier duel et son aureole de bravoure qui la conquit. Au contraire, s’il blesse le mari, elle l’aimera pour son triomphe. Oh! la logique des femmes, comme il la connait. Machinalement, sous les couvertures, il refait du poignet, du pouce, les feintes apprises. Sans doute l’adversaire aura le jeu sec de l’armee et l’epee theorique. Par ce degage il lui joindra la poitrine, le ventre par cet autre. Et s’il commet la sottise de se decouvrir par un coupe, on lui menage certaine riposte. .

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Puis, defile le rappel de ses combats d’honneur, Cluseret faillit le transpercer il y a deux ans. . . Si le mari de Marceline le tuait? Non, c’est une chose rare ces accidents.

D’ailleurs, il aura mene joyeuse vie ces cinq dernieres annees. Que de maitresses, mes enfants, que de cocus et quelles noces!. . . La mort? Le nirvana sans doute, le complet repos des phenomenes. Ou, avenir terrifiant, une multitude de petites existences, d’etres minuscules qui naissent de la decomposition; et la mort ce sera la vie infiniment multiple, avec toutes les douleurs, attenuees pourtant, et mises au point psychologique de ces larves. Quelle destinee: des joies et des desespoirs de microbes! La mort, est-ce la negation absolue? L’inconcevable, alors? Car, si l’absolu se pouvait concevoir, il s’etablirait un rapport entre lui et le concevant, c’est-a-dire que l’absolu serait relatif, proposition contradictoire.

Oh! stupidite immense des hommes.

Penser que la philosophie officielle raisonne encore dans son ineptie beate, sur l’absolu inconnaissable. . .

Sonne deux fois le cartel. Il reste encore quatre heures a dormir; et le sommeil s’impose absolument necessaire pour se trouver dispos le matin. Au reste, il est tres calme, tres brave. Une derniere fois Doriaste mime dans le vide la botte sur laquelle il compte. Il s’y peut fier decidement, et, comme il ne se decouvre jamais. . .

Et il s’estime un tres chic type: des amours, des duels, du talent et une complete indifference pour les hochets de gloire. VIII Longchamps, le matin.

La pluie striant de rayures fragmentees l’enfilade des tribunes vides. Et la pelouse palotte. Doriaste eprouve son epee. Le mari enleve ses manchettes et, febrile, ne parvient pas a boutonner son gant. Il dut souffrir affreusement, ce noble.

Ses yeux paraissent glauques; ses cheveux gris sont tout ebouriffes et, dans sa figure, les rides frissonnent.

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