Il est alle dans la mauvaise ville depenser son argent de six mois

Et maintenant, il est retourne a Saint-Tropez en gagner encore qu’il depensera de meme. Mais cela ne serait rien, s’il n’avait pas d’autres intentions, qui ne sont guere bonnes! Je ne sais qui lui monte la tete. Si les gens connaissaient ce qu’il est pour toi, c’est-a-dire ton fils, on y regarderait a deux fois, je pense, avant de s’exposer a ta colere. On le bourre d’idees mauvaises et comme il aime l’aiguarden, cela lui fait une mauvaise tete.

–Et qui donc, repliqua Maurin en froncant le sourcil, le bourre d’idees comme ca? –Des gens qui lui donnent a lire toutes sortes d’histoires. C’est surtout la _liture_ (lecture) qui le perd. Il m’a conte qu’il a chez lui des papiers ou l’on voit des enfants de rien perdus ou voles, qui retrouvent leur pere prince et qui deviennent des rois apres avoir ete des mendiants, et il dit qu’il lui en arrivera autant, ou bien que, s’il ne devient pas roi, il fera sauter des rois avec des machines infernales. Il dit que, sur la terre, il faut etre ou empereur pour le moins ou voleur comme plusieurs de ses amis.

–Oh! dit Maurin, je les lui ferai passer de la tete, moi, ses idees de fena (mauvais sujet), et s’il veut un pere, eh bien! je lui en donnerai un, moi, de pere, et qui me ressemblera comme deux gouttes d’eau. Ah! il veut le connaitre, son pere! Eh bien, je lui ferai faire sa connaissance! –Il devient pire tous les jours, ton garcon. Je te dis qu’il parle de faire sauter les riches avec des coups de mine ou des bombes chargees de poudre de contrebande. –Ah! le mechant bougre! fit Maurin.

Voyez-moi ces idees: il veut etre fils de roi et deteste les fils de roi parce qu’il n’est pas fils de roi! Et l’animal, si on lui donnait un gouvernement, serait plus mechant que les plus mechants! Je vois qu’il faudra lui remettre un peu et bientot la cervelle a l’endroit. Quand on se plaint de ceux qui ont les bonnes places, ca doit etre pour faire mieux qu’eux, Saulnier, le jour ou on les met par terre.

Lui, avec les idees que tu racontes, il ferait pire que les pires. Et quelle instruction ca a-t-il, d’abord, un jean-foutre comme ca, il me fera dire,–tout mon fils qu’il est? Quelle science a-t-il pour vouloir faire la justice a lui tout seul, lorsque tant de savants n’arrivent pas seulement a deviner ou elle se trouve? Est-ce qu’il la connait, la justice? Qui veut conduire la voiture doit savoir mener un cheval. .

. Ah! pauvre France! –Je lui ai dit tout ca, fit Saulnier. –Et qu’a-t-il repondu, le gueux? –Qu’il savait ou il allait: que ca ne regardait personne. . . Et puis, il y a encore quelque chose de plus inquietant.

.

.

–Quoi? –Voila. On lui a fait accroire a Toulon. .

.

des mauvais farceurs lui ont mis ca en tete.

. . apres l’avoir fait boire.

. . –Et quoi donc? fit Maurin avec impatience. –Qu’on savait qui etaient son pere et sa mere et que c’est des grands personnages. –Et qui est-ce, d’apres lui? ici –Son pere, a ce qu’il dit, est un grand amiral qui serait devenu gouverneur aux colonies, et sa mere, qui l’a eu quand elle etait fille, a epouse, selon lui, au lieu de son pere, un autre savant qui est devenu ministre par son merite.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *