Honte cent fois, mille fois honte sur ceux qui pouvant prendre un parapluie

. . n’ont pas pris de parapluie. . . Mais en revanche et pour la consolation de mon ame, gloire a ceux qui ont eu l’idee–bien simple, d’affronter les intemperies de la saison, afin de feter notre grand saint! Trois fois gloire, gloire six et sept fois, cent fois et mille fois gloire a ceux qui sont venus, avec ou sans parapluie! Que ceux-la soient benis. Ainsi soit-il.  » « Le bon cure quitta le ton oratoire pour dire avec beaucoup de simplicite: « –Maintenant, mes tres chers freres, nous allons comme tous les ans faire, au dehors, sur la terrasse, une petite procession, afin d’attirer, par nos prieres et nos hymnes pieux, les benedictions de notre saint venere sur les fruits de la terre et les travaux des champs.  » « Le petit clion (clerc, servant) nous distribua des cierges vite allumes et, a la file indienne (je marchais le premier derriere le cure), nous nous acheminames vers la porte de la chapelle, que le cure ouvrit peniblement.

« Quand elle fut ouverte, nous pumes tous voir que les platanes de la terrasse etaient humides. .

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Il tombait une pluie imperceptible, jolie sur les feuilles comme rosee au soleil. « Le bon cure recula, terrifie: « –Ah! sapristi! fit-il, il pleut encore! je crois que nous ferons bien de prier dans la chapelle.

Sant Estropi nous pardonnera.  » –Draguignan! tout le monde descend! cria d’un ton terrible, sur le trottoir de la gare, un homme d’equipe a la voix de bronze. CHAPITRE XIV A Corse entier, Corsoise et demie.

Le brigadier Orsini fumait sa pipe, seul, dans la maison forestiere, quand Alessandri frappa a la porte.

–Entrez! Tiens, vous n’etes qu’un? Les gendarmes, d’ordinaire, ca va par deux. –C’est, dit Alessandri, que j’ai a le site vous parler d’une affaire de famille. Et mon camarade m’attend a la cantine, avec les chevaux. –Bon! dit l’autre qui le vit venir.

Ma fille n’est pas la. –Orsini, nous sommes pays, dit le gendarme, avec resolution et, dans notre ile, on est loyal et hardi.

Orsini approuva d’un signe de tete.

–Nous sommes pays, reprit le gendarme avec force, et, sur le continent, tous les Corses sont freres.

Orsini approuvait toujours. –C’est, par consequence, une bonne chose pour moi d’etre votre pays, vu la demande que j’ai a vous faire. Egalement, nonobstant la difference de nos uniformes, nous portons tous deux le bouton du militaire. C’est encore pour nous une raison de fraterniser. J’ai un peu d’economies, pas beaucoup; et vous, ca doit etre a peu pres de meme. Nous sommes deux bons Corses et deux bons soldats. Voulez-vous etre mon beau-pere et me presenter aujourd’hui comme fiance a votre fille Tonia, pour laquelle mon coeur est pret a tous les loyaux services d’un bon Corse et d’un bon soldat? Orsini vida lentement sa pipe en la frappant sur son ongle. –Moi, ca me va, dit-il. Il faut appeler Tonia. ca la regarde un peu.

–Un pere a toute autorite sur une fille jeune, repliqua Sandri avec energie. Ne craignez-vous pas de la resistance chez votre fille, si vous la consultez? –Et pourquoi de la resistance? –Elle pourrait avoir choisi un autre futur; les filles sont inconsistantes.

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