Et vous, bonnes gens, vous n’avez pas crainte de la lui faire tant desirer, dites un

Tant les uns que les autres, devots ou non, vous me feriez l’effet d’etre des brutes, si vous ne me faisiez pas l’effet d’etre des enfants qui jouent avec le malheur! Voila l’idee de Maurin.

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. et je ne vous l’envoie pas dire! Allons, toi, pauvre bougre, prends-la vitement et viens avec moi. .

. qu’avec deux becasses je te ferai faire une veste et une culotte pour tes dimanches!. . . Il fit mine de se retirer, mais se retournant tout a coup, il ajouta: –Je ne sais pas ce qu’en pense votre saint Martin, mais, selon mon idee, vous ne devez pas lui plaire beaucoup!. .

. Et ces gens-la, qui sont des travailleurs, se plaignent toujours des grands riches! Ah! ca sera du beau, drive-master.com quand vous serez des bourgeois! ca me promet une jolie France! Maurin avait debite ce discours au milieu de la stupeur de la foule amassee, qui, lorsqu’il se tut, se disloqua en grand desordre, criant sus au sacrilege, a l’insulteur public! –Qu’est-ce qui lui prend donc a ce Maurin! un si brave homme, pechere! Le soleil l’aura rendu fou! Pastoure n’eut qu’un mot: –C’est envoye! fit-il. Et il se tint aux cotes de Maurin, pret a le defendre.

Les devotes, bien entendu, etaient les plus animees. Une ceremonie publique, permise par le maire, etait troublee. Les citoyens inoffensifs et le pretre avaient ete bafoues. Il fallait sevir, dresser contre Maurin un maitre proces-verbal.

Le roi des Maures ne trouva que peu de defenseurs, ayant attaque tout le monde sans distinction, ce qui est d’une deplorable politique.

Le garde de la commune s’avanca, escortant l’adjoint charge de la police.

–Allons! dit l’adjoint a Maurin, retirez-vous! L’adjoint, republicain et libre penseur, se montrait clement. –Arretez-le, ce Maurin! cria une voix.

–Qu’on me touche! fit Maurin. L’adjoint crut devoir faire l’important.

La revolte d’un contribuable eveillait en lui le Napoleon endormi dans le coeur de tout citoyen francais. –Ne nous forcez pas a sevir, dit-il avec majeste; vous troublez l’ordre public. –Si c’est ca, l’ordre public, dit Maurin, alors vive la sociale! Parlo-Soulet, congestionne et devenu prolixe, haranguait la foule menacante: –Il est joli, votre saint Martin qui fait grelotter les pauvres! Si ca a du bon sens! Le vrai saint Martin les en empechait! –Allons, circulez! dit le garde. –Je marche quand je veux, et quand je veux je m’arrete, comme le cheval de Secourgeon, dit Maurin. Le garde, qui ne connaissait pas « ce courgeon » se crut insulte. Il porta la main sur Maurin. Mal lui en prit. Il recut de Pastoure une bourrade qui l’envoya rouler, les quatre fers en l’air, entre les jambes des porteurs du saint; l’un d’eux s’ecroula. La statue de bois tomba de son haut contre terre, endommagee gravement, et le manteau se separa en deux morceaux a peu pres egaux, resultat que depuis tant d’annees faisait attendre vainement le glaive de saint Martin. Le desordre, dans la rue, devant l’eglise, etait a son comble. On piaillait, on hurlait.

Des hommes se chamaillaient; des femmes se trouvaient mal et poussaient des cris suraigus.

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