Et puis, qui donc m’accuse? celui-ci! un homme dont tu connais toi-meme la mauvaise reputation, soit

Quant a sa soeur, elle ment.

Elle convient, du reste, qu’elle n’a pas vu l’homme qui l’a attaquee; personne, je parie, ne l’a attaquee; en tous cas elle ne m’a pas vu, et j’aurais cent temoins pour dire qu’elle a plus d’une fois invente contre d’autres des accusations pareilles, avec l’aide de son frere et de votre gueusard de pere.

 » Grondard, qui donnait depuis un moment de grands signes d’impatience, fit de nouveau un geste de menace. Alessandri l’arreta encore. .

.

–Non! non! je n’ai pas menti, non, je n’ai pas menti! hurla la soeur de Grondard. –Bref, poursuivit Maurin, le mieux pour toi, Alessandri, c’est d’aller faire ton rapport au sous-prefet, au maire ou aux juges. Fais-toi donner un bon mandat contre moi, un papier bien en regle, et alors tu pourras revenir arme non pas d’un revolver mais de ton bon droit. . . Je ne suis drive master pas un vagabond. Ou je demeure, avec ma mere, tu le sais.

J’ai une cabane a moi dans le golfe de Saint-Tropez. Elle est en bois, mais elle paye l’impot.

.

. Et de ce pas, avec ta permission, je vais y aller pour t’attendre. . .

Est-ce convenu? Le gendarme reflechissait.

Decidement, il avait raison, ce Maurin.

Il parlait en homme de bon sens. –Il a raison, Grondard, dit-il. Il a raison. Je le rattraperai, s’il le merite, quand je voudrai. Il sait qui a fait le coup. La-dessus, sa parole que j’ai entendue suffira au juge pour qu’il me donne l’ordre de le lui amener. –Adieu donc. Portez-vous bien.

Conservez-vous! dit Maurin, selon la formule en usage dans le pays. Il s’en allait.

.

.

son pas retentissait dans les cailloux qui degringolaient sur la pente, sous les pins. . . Grondard n’y tint plus. Il degagea son bras de l’etreinte du gendarme, et il mit en joue Maurin entrevu a travers les troncs innombrables de la foret.

A ce moment, Pastoure, qui avait entendu le coup de feu de Maurin, s’etait decide a quitter son poste pour rejoindre son ami. Il vit de loin Maurin en fuite; il reconnut Grondard et la Luronne. On appelait ainsi, dans le pays, cette soeur du charbonnier. Et enfin, il apercut les gendarmes. Il comprit qu’il s’etait passe quelque chose de grave. Son oeil percant distingua aussi, sur le coteau, au-dessus du groupe ennemi, le griffon de Maurin attendant, selon son habitude, l’ordre que son maitre, (ayant d’autres chiens a fouetter) oubliait de lui donner, c’est-a-dire l’ordre de rapporter le lievre aupres duquel il etait assis gravement. Pastoure, homme de sang-froid, comprit d’un seul coup d’oeil toute la situation et voulut sauver le gibier. –Apporte, Hercule! cria Parlo-Soulet d’une voix eclatante avec un grand geste telegraphique. Le griffon se releva en bondissant. Il s’elanca. . . tenant entre les dents, par la peau du cou, le lievre rejete sur ses reins.

Croyant pouvoir rejoindre Maurin en ligne droite, le chien accourut a fond de train et se jeta eperdument entre les jambes de Grondard, qui perdit l’equilibre juste au moment ou il allait lacher son coup de fusil. Le geant trebucha avec des gestes desordonnes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *