Et puis, la correction qu’il avait recue ne semblait acceptable a son orgueil que venue d’une

Cependant, malgre la gloire du nom de Maurin, qui etait un roi a sa maniere, Cesariot eut prefere pour pere l’amiral ou le ministre qu’il avait reve avec sa cervelle farcie de romans-feuilletons. . .

Maurin, nature fruste et fine, laissait l’enfant a ses reflexions. Il avait de l’experience, l’homme. . .

nulle sentimentalite, un esprit clair et libre.

Il se faisait midi passe.

Cesariot qui, sans sa mauvaise rencontre, se fut attable la-bas, au cabaret de la Foux, commencait a sentir les tiraillements de son estomac de matelot. Rien ne creuse comme une alerte un peu vive. Il dit tout a coup: –Alors, de tout aujourd’hui, on ne mettra rien sous la dent, he? –ca, ca serait dommage, fit doucement Maurin.

A ton age, mon homme, on a droit a la ration double. Te, entrons ici, on nous pretera des chaises et une table ou poser la bouteille et le pain que j’ai,–par precaution,–toujours au carnier.

Il poussa Cesariot dans une maison de sa connaissance dont la porte s’ouvrait au bord du chemin.

–Bonjour, Capoulade. Je te demande asile. –Tu es chez toi, Maurin, dit l’autre. . .

Que veux-tu? –Ta table, pour manger a notre aise le diner que j’apporte. –Nous autres, nous avons dine, repliqua Capoulade. Fais a ta volonte. Sous le manteau de l’immense cheminee brulaient quelques troncs d’arbre. Une bouillotte chantait. Un chat ronronnait a cote de deux chiens courants, qui regardaient s’ecrouler les braises. Capoulade alla a ses occupations au dehors, laissant Maurin maitre de sa maison. Maurin tira de son carnier vivres et bouteille et mit le tout sur la table. Les deux hommes, le pere et le fils, mangerent en silence, d’un air de grand appetit. Maurin avait tire d’une terrine deux gros morceaux de « boeuf en daube ». Voyant que Cesariot cassait son pain, le pere se mit a rire: –Tu as perdu ton petit couteau, que? dit-il de sa voix la plus flutee. Eh be, te, prends le mien! Il passa au jeune gaillard son couteau, tout pareil a celui qu’il lui avait arrache des mains sous le pin Berthaud. Apres s’en etre servi, Cesariot voulut le lui rendre. –Garde-le, fit gaiment Maurin, en souvenir de ton pere! Ou j’ai laisse le tien, j’irai le reprendre au retour. Le diable m’emporte si quelqu’un se doute qu’il y a un couteau drive-master.com la-haut, dans les pignes. Personne ne le ramassera, vai!. . . C’etait bien envoye, que? Cesariot ne repondit pas.

–Tu boudes? A ton aise! Puis brusquement, avec un grand eclat de voix joyeuse: –Ah! grande buse, va! Tu cherchais une mere, tu trouves un pere, et tu n’es pas content?. . . bestiasse!. . . Il but rasade, essuya sa bouche du revers de sa main et, avec son large rire plein de sante: –Rappelle-toi qu’etre sur de son pere c’est ce qu’il y a de plus difficile au monde, car, de mere, on n’en a jamais qu’une, pitoua! La chaleur du repas le mettait en belle humeur: –Te! dit-il, puisque tu es mon fils, je vais te donner une cuisse de lievre que je me gardais pour mon dejeuner de demain. Et, gentiment, l’oeil clair et tout brillant d’on ne sait quelle tendresse paternelle de bete heureuse, Maurin poussa devant Cesariot, sur un morceau de pain taille en assiette, le cuissot de lievre promis.

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