Et le piege tendu contre lui, maurin l’avait retourne pour y prendre alessandri

Il avait sans peine obtenu de Margaride qu’elle vint la, pauvre innocente perdrix, amoureuse du chasseur. –Margaride ma fille, dit Maurin a voix basse, ne t’effraie pas; nous allons rire un peu. Tu m’as bien dit, plusieurs fois, n’est-ce pas, que ca te serait egal si ton beau gendarme apprenait comment tu es ici avec moi? –Oui, je te l’ai dit. –Eh bien, il va venir; il vient; c’est lui qui frappe a la porte.

. . il s’imagine–c’est drole, que?–qu’il va trouver ici une femme mariee dont le mari a porte plainte! mais j’ai connu d’avance le complot par mes amis et j’ai manigance les choses. La femme a ete avertie comme moi, et elle est allee a la ville aujourd’hui pour justement leur donner a croire qu’elle est ici! –Ah! mon Dieu! fit d’abord la Margaride, moitie pleurant et moitie riant, mon Dieu! pauvre moi! ai! Bonne Mere des anges! La Bonne Mere des anges est la patronne de ces petites montagnes des Maures ou ici elle a une eglise, sur le plus haut sommet. –Tu sais qu’il va epouser Tonia, la fille du brigadier Orsini?. . . dit alors Maurin, en fin politique. Margaride devint un peu songeuse. –Est-ce que, d’etre ici, en ce moment, ca t’ennuie beaucoup? insista Maurin.

Je te ferai un joli present pour te consoler, Margaride.

–Bah! repliqua-t-elle resolument tout a coup, j’en ai assez de Sandri! Je t’aime mieux mille fois, comme je t’ai dit. Ah! il epouse Tonia! Alors nous lui faisons une bonne farce! et qu’il se merite bien! –C’est bon; cache-toi dans le lit et mets ta tete sous les couvertures.

Elle obeit avec une grande envie de rire. –Ne m’abandonne pas, Maurin, souffla-t-elle par reflexion en mettant son nez hors des draps. Il est mechant, le Corse, quand il est en colere. –Ne crains pas, petite. C’est un piegeur que j’ai voulu prendre a son piege, voila tout. –ca, voui, que ca m’amuse! dit-elle. Les gendarmes, au dehors, s’impatienterent. Alessandri, entendant des rires derriere cette porte affriolante, cria: –Ouvrez! Au nom de la loi, ouvrez! –Ah! c’est vous, bon gendarme?. . . Je reconnais votre voix, gendarme Alessandri. .

. Je suis ici dans la maison d’un ami qui m’a donne la permission et la clef. Je suis chez moi, vous entendez! chez moi! Pourquoi que je vous ouvrirais? –Parce que nous venons en service, avec les papiers qu’il faut, Maurin, entendez-vous. Ouvrez, _au nom de la loi_. La porte s’ouvrit toute grande. Maurin parut, souriant et gouailleur.

–La loi, je la respecte. Vous etes son brave serviteur, honnete Alessandri, dit-il, et je n’ai rien a vous refuser.

Et, d’un air de gendarme en fonction: –Voyons d’abord vos « papiers! » car si je la respecte, la loi, c’est que je la connais! On n’entre pas chez les gens comme on veut, tout gendarme qu’on soit.

Les gendarmes s’executerent. Maurin, au fond, a cause de ses protections et de sa renommee, leur inspirait une facon de respect. Il examinait « leurs papiers » de son air le plus important. –Ah! ah! ricana-t-il enfin, jouant la surprise.

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Par malheur pour vous, il n’y a pas ici ce que vous cherchez, c’est moi que je vous le dis!.

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