Et le couvent est magnifique ainsi, au beau milieu des maures, tout au bord de la

Maurin passa sous l’arc noir de la grande porte, et, suivi des deux gendarmes, entra dans la premiere cour, ou chante une fontaine et ou sont aujourd’hui des demeures de paysans. Dans cette ancienne cour d’honneur, les poules maintenant picorent et les fumiers repandent leurs vapeurs tiedes et malodorantes. On frappa aux portes.

Elles ne s’ouvrirent point, mais Fanfarnette, la petite pastresse, sortit tout a coup d’un trou des murs crevasses.

–Personne n’est ici pour l’heure, dit-elle. Il y a, je ne sais pas ou, un mariage, et tous ceux d’ici y sont alles. Elle regardait Maurin d’un air d’impertinence, de defi, qui etait etrange. –Diable! dit drive-master.com Sandri; aurais-tu du pain, au moins, a nous vendre? –J’en ai pour moi, et pas guere. –Et du vin? –Voici la fontaine.

Elle vint se planter devant Maurin, et le regardant bien dans les yeux: –ca ne vous a pas porte bonheur, de tuer l’aigle des Secourgeon? faut-il que j’aille lui donner de vos nouvelles, a Secourgeon? Sa femme sera bien malheureuse! La bergerette impressionnait Maurin desagreablement, comme une creature de songe, irreelle, ni enfant ni femme.

Elle l’inquietait. Sous son regard, il finit par detourner les yeux. Alors, avec un grand eclat de rire, elle disparut dans une crevasse des ruines, en criant aux gendarmes: –Buvez a la fontaine! Les gendarmes faisaient la grimace. Pastoure avait compte fort sagement sur la mesaventure qui leur arrivait.

–Il est une heure, dit Sandri. –On est loin de tout, ici! dit l’autre gendarme. Maurin prit la parole: –Sandri, ce que j’ai au carnier, par la prudence de mon ami Pastoure, nous le partagerons.

–Ce n’est pas de refus.

On te le paiera. –Alors, dit Maurin, tu n’en auras rien. –Bon! nous le prendrons, fit l’autre gendarme. –C’est ici, dit Maurin, l’occasion de voir si deux gendarmes oseront voler un pauvre.

–Nous le requisitionnerons, corrigea le camarade de Sandri. Toutefois, incertains de leur droit, les deux gendarmes se regardaient avec embarras. –Nous le partagerons en freres, reprit Maurin, a condition, bien entendu, (et je me declarerai paye mais honnetement paye) qu’on me detache, le temps de prendre mon repas, dont j’ai grand besoin. –Tu veux nous echapper! dit severement Sandri; tu nous prends pour d’autres.

–Mais, dit Maurin, jouant la surprise, n’est-ce pas moi qui t’ai demande de m’attacher lorsque tout a l’heure, avoue-le donc, tu n’osais pas le faire? Et sans ca peut-etre je serais deja loin. Seulement voila, il ne me deplaira pas, comme tu me l’as entendu dire a Grondard, d’en finir avec les juges, une bonne fois! et de leur dire ce qu’ils doivent connaitre. –Il parle bien, affirma le camarade de Sandri; seulement si nous le detachons, sur, il s’echappera! –Eh bien! repliqua Maurin, voici ce que vous pouvez faire. Allons dans le cimetiere des moines, la ou sont, tout autour, leurs petits « chambrons ».

Mettez-moi dans une de ces prisons. Barricadez-en la vieille porte et laissez-moi la tout seul en prisonnier, mais, pas moins, avec les mains libres, que je puisse manger comme un homme, et, en echange, a vous deux vous aurez bonne part de mon manger et de mon boire.

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