Et il narre toutes les demarches faites par lui pour obtenir cette perquisition

Il parle, il parle, fier de son succes. Lucien Tordrel sourit par contenance. Aux premiers mots qui aneantissaient l’arrangement de sa vie, son unique passion, il s’est senti hors les choses, tres loin de tout, dans un abandon. Les racontars prolixes de l’avocat sur les cascades de sa maitresse l’abrutissent, lui tuent l’avenir. Parfois il proteste: « Allons donc! » aux debauches trop invraisemblables. Et bientot il n’ecoute plus, les paroles de son ami lui semblent adressees a un autre. Cependant dans sa poitrine, dans ses membres un enervement s’exaspere, rapide. Pris de rage, il projette: –Sacree garce! Et un spasme le secoue des pieds aux machoires, se vient loger la, dans les dents qu’il maintient serrees. Tordrel se navre du discours et du travail perdus, puis cette desesperance, a la suite d’un pareil scandale, il ne pourra plus donner de lecons. La misere alors; ou bien, apres le triste voyage par les oceans mornes, la classe faite aux negrillons la-bas, entre quatre murs blanchis, loin de l’art, de la celebrite, irremediablement. Mais ces images tres vite se dissipent. Il ne pense plus qu’a elle, a son air languissant, a son enfantine moue. D’autres maintenant possedent cette chair d’amante. Dans les garnis d’officiers, tendant sa bouche aux moustaches aigues, il la voit, et il souffre de chaque pose qu’elle a du prendre, de chaque membre qu’elle a decouvert, impudique. .

. soule d’apres les dires.

. . Elle se dessine moqueuse devant son regard, sur la bielle terne de la locomotive, dans l’eau qui pisse dru de la chaudiere, elle eclate de rire avec le gresillement d’un charbon qui choit, s’eteint. Une rage envahit Tordrel.

Il lui pousse des envies de drive-master.com meurtre. Et toujours la vision acharnee d’Alice se laissant trousser les jupes. Peyrebrune conte sans fin.

Une histoire d’auberge, maintenant, ou elle a ete surprise. Lucien pense: Elle retira son corset en degrafant le busc par le bas; et sur le ventre, la chemise toute plissee apparut avec les seins pointant au-dessus. Une odeur de propre, d’elegance s’est emise et, dans cette chambre qu’il se represente toute impregnee d’elle, il ne se trouve pas, lui. Elle, bete en rut, se livre aux embrassements d’un monsieur gene et content de soi. La poitrine de l’amant s’enfle et s’affaisse avec une douloureuse precipitation. De mauvaises sueurs le baignent, fluent de sa nuque le long du dos. Ses articulations se contractent en un ramassis, en un tassement de nerfs, en une tension de rage pour quelque effort enorme. –Sacree garce! ca le soulage ces _r_ qui sifflent entre ses machoires serrees. C’est un peu l’epuisement de cette inutile contraction qui l’etreint, torturante.

En lui-meme un drame si vivant se joue que le monde externe lui semble factice, artificiel, arrange: la verdure, terne; les arbres, bleus comme dans les antiques paysages; le ciel, une lumiere fausse, chimique; le machefer de la voie, un peinturlurage noir; les rails, des traits de plume; les tunnels, une batisse de carton, un jouet.

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