Et en route chez maitre arnaud! je t’ai dit pour l’heure tout ce que j’avais a

.

. Maurin avait allume sa pipe. –Tu fumes, petit? –Oui, dit l’autre. –Alors garde aussi ma pipe, en souvenir; j’en ai trois autres dans le carnier. C’etait une pipe dont le tuyau etait un roseau tres fin et le fourneau un bout de racine de bruyere creusee au couteau. –Bien entendu, celle-la, je l’ai faite moi-meme, dit Maurin. . . mais Pastoure est plus drole que moi pour les pipes.

Il leur sculpte tres bien des caricatures de singes ou des grimaces de deputes. Ils fumerent longtemps, silencieux. Cesariot s’habituait deja a l’idee d’avoir pour pere ce fameux chasseur, dont on parlait tres loin a la ronde et que tout le monde vantait. Capoulade entra, ne les entendant plus jaser. –Et alors, dit-il, veux-tu prendre un coup d’aiguarden, he, Maurin? –ca n’est pas de refus, Capoulade. L’aiguarden est une chose bonne, quand on n’en abuse pas.

Une heure apres Maurin remettait son fils au patron Arnaud.

–Je lui ai donne un pere, dit-il simplement, un bon, vu que c’est moi. Et s’il se derange encore, ecrivez-moi. Voici mon adresse: « _Monsieur Rinal, medecin de la marine en retraite, a Bormes (Var), pour remettre a Maurin des Maures. _ Quand il repassa tout seul sous le pin Berthaud, Maurin leva le nez, cherchant a apercevoir parmi les pignes le couteau de son fils.

Il le vit, grimpa dans l’arbre, non sans peine, et comme il etait la-haut, au milieu des branches, des paysans qui traversaient la route lui crierent: –Eh, la-haut! que fais-tu, l’homme? –Je cueille des pignes, parce que je n’ai pas d’allumettes; c’est pour allumer ma pipe.

–Et comment allumes-tu les pipes sans allumettes, toi? –Je mets les pignes en tas et je leur tire un coup de fusil a bout portant.

. . ca les allume et je m’allume.

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. Oh! ca n’est pas la premiere fois. Seulement, ca coute cher, au prix ou est la poudre! Et de rire. Et quand il fut redescendu, il contempla une bonne minute avec attendrissement le terrible couteau du marin, et il murmura: –Quand on ne connait pas son pere, pas moins! regardez un peu a quoi on s’expose! CHAPITRE XXXIV D’une conversation qu’eut Antonia avec son pere et de celle qu’elle eut deux jours plus tard avec deux devotes. Depuis quelque temps, les querelles devenaient frequentes dans la maison du garde forestier Orsini.

Ses chefs le malmenaient un peu, site de l’entreprise et il pretendait que c’etait a cause de son histoire avec Maurin et Alessandri.

L’aventure s’etait ebruitee en effet et ses superieurs lui en avaient parle sur un ton de blame severe. Orsini, de mauvaise humeur, ne manquait plus aucune occasion de « mal parler » du braconnier en presence de sa fille. Elle lui rappelait inutilement le service qu’elle devait au chasseur si decrie. Elle se lamentait. Elle alla plus d’une fois jusqu’a pleurer de rage. Et de souffrir ainsi pour le beau Maurin, cela ne pouvait pas le lui faire oublier plus vite.

Un jour son pere lui dit gravement: –Viens ici, Tonia.

Ecoute; je n’ai qu’une parole,–et toi aussi, j’espere, car j’ai remplace de mon mieux ta mere morte et je t’ai elevee, non comme les femmes elevent les femmes, mais comme un brave homme eleve un brave garcon.

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