Et elle revoyait, dans sa tete, un grand ciel ou fuyaient des ramiers sauvages

. . Puis un bruit se fait devant elle, dans la bruyere qui s’ecarte. . . et le visage qui se pressait contre sa joue, l’abandonne. . . C’etait si bon d’etre embrassee ainsi!.

. . Pourquoi, pourquoi est-il parti si vite, ce moment si delicieux? Est-ce qu’il ne reviendra plus jamais? Oui, c’etait bon, au sommet de la montagne, dans l’odeur des thyms et des lavandes, au soleil levant, dans la fraicheur matinale, devant tout le ciel et toute la mer, d’attendre elle ne savait quoi de tres desire. . . sans meme songer qu’elle etait fiancee depuis la veille! CHAPITRE XVI Ou l’on verra les motifs qui peuvent empecher un braconnier d’accepter a diner chez un prefet et ceux qui font de la prefecture du Var la meilleure de France. Pendant que la caleche emportait les gros personnages, la troupe des chasseurs rentrait a pied a Saint-Raphael ou Maurin et Pastoure etaient les hotes d’un vieux pecheur, qui habitait une bicoque dans la plaine de Frejus; celui-la meme qui, en souvenir de sa fille morte, avait donne a son bateau ce nom emouvant: _Je l’aimais_.

M.

Cabissol avait voulu revenir a pied avec Maurin. Il le prit un instant a part et lui dit: –Mon cher Maurin, un avertissement! J’ai parle au prefet de votre affaire avec les gendarmes. –Mon affaire avec les gendarmes?. .

. Laquelle? dit Maurin un peu narquois. –L’enlevement des chevaux. c’a ete tres difficile a arranger.

Le parquet a resiste.

Le commandant de gendarmerie aussi. Votre exploit, la prise d’un evade, n’a pas raccommode les choses, au contraire. La gendarmerie trouve mauvais que vous soyez plus adroit qu’elle. –Alors? dit Maurin.

–Alors, M.

le prefet, qui vous estime beaucoup et qui ne peut pas vous parler de cela lui-meme, vous conseille d’eviter tout demele avec la force armee, d’etre bien en regle toujours, en tout et pour tout. Il croit que si vous commettiez un nouveau delit, il n’aurait pas, cette fois, le pouvoir d’enrayer l’action judiciaire. –C’est bon, dit Maurin. On veillera. Merci, monsieur Cabissol. Et cet hiver, si vous voulez, quand il y aura des becasses, je vous ferai avertir. Toujours a Toulon, n’est-ce pas? –Rue du Murier, et les lettres me rejoignent partout. Dites donc, Maurin? –Quoi, monsieur Cabissol? –Et Cesariot? A cette question, Maurin parut vivement contrarie. ce site –Quoi, Cesariot? dit-il, feignant de ne pas comprendre.

–Vous savez bien que je connais toutes vos histoires. Ce n’est pas la premiere fois que je vous parle de celle-ci, Maurin! –Mais, monsieur Cabissol, je ne regarde pas dans vos affaires, moi. . . Alors. . . –Je vous comprends, Maurin, je vous prie donc de m’excuser, mais soyez sur que votre secret est bien garde. Je ne vous parlerai plus de Cesariot, mais j’ai cru bon de vous rappeler que je suis au courant. . . Cela peut vous servir a l’occasion. –Ah! soupira Maurin, si vous saviez comme il m’embete, celui-la! C’est l’aine de mes enfants, je peux bien vous le dire puisque vous le savez, mais s’il ne connait pas son pere, c’est pour de bonnes raisons.

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