En dix minutes, il etait loin, maurin! il pensa qu’il fallait virer du cote ou n’etaient

. . Ils avaient du les laisser sur la route de la cantine. Il fila donc vers Collobrieres. –« Pastoure, pensait-il, ce site aura bien devine qu’il faut aller par la.  » Pastoure, assis dans la grande foret de chataigniers, en ce moment mangeait du pain et un oignon trempe dans du sel, au bord d’une fontaine, et tout en gesticulant, disait: –Je n’entends rien d’aucun cote. C’est pourtant drole que le matin qu’il est leur reste entre les pattes. ca, non je ne veux pas me le croire! Je n’ai rien dit mais, comme a l’ordinaire, il m’a compris, le collegue, j’en suis sur.

Il n’est pas, non, la moitie d’un ane! Moi sans rien lui dire, et lui sans rien me dire, nous nous entendons plus et mieux que les avocats de l’avocasserie, vu que, ou nous allons, nous le savons, nous autres.

Que je sois son meilleur collegue, on s’en etonne des fois: c’est qu’on n’a pas ouvert ma caboche. On y aurait vu que tout ce qu’il fait, lui, je voudrais, moi, le faire, si je pouvais! et ne le pouvant pas, j’aide qui le fait. Et qui veut bien faire, fasse comme moi! Un hululement doux de machotte traversa la foret humide. Les vieux chataigniers s’y tromperent. Un picateou (un pic), a ce cri, s’envola effraye. Mais Pastoure regarda le picateou et dit: –Si les oiseaux se melent d’etre des betes, qu’est-ce qui restera aux gendarmes?. .

. Pauvre picateou! tu ne le comprends pas que cette machotte est un homme? Maurin m’appelle! Vive lui! La chouette repeta son cri plusieurs fois, a intervalles egaux. –Le nombre y est, dit Pastoure.

C’est bien lui. .

. Et il repondit comme chouette a chouette.

L’oiseau de nuit qui repliqua par un certain nombre de cris espaces,–langage convenu entre les deux braconniers–parla clair comme le jour.

–A Collobrieres, dit Pastoure, chez Moustegat? Bon! Il se dirigea vers Collobrieres; mais, au croisement de deux sentiers, il apercut Maurin qui l’attendait. Pastoure ne dit rien. Il avait envie de pleurer. Il tendit a Maurin son fusil. Maurin le prit et, dans un geste pueril mais d’une sincerite touchante, il le baisa. –Te! dit Pastoure, embrasse-moi aussi, que je puisse te le rendre! A la nuit, ils recevaient asile chez un braconnier de Collobrieres a qui Maurin, devant une nombreuse assistance, contait en riant les trois coups rates qui avaient amene son arrestation. Et il expliquait tous les details de sa fuite au milieu des gaietes sonores, des grands coups joyeux frappes du plat de la main sur la cuisse du voisin, parmi une fumee de pipes epaisse, mon ami! comme la fumee de toute une escadre! CHAPITRE XLV –Et de quoi riez-vous ainsi, Rosette, belle fille? Grondard, un peu emu par l’extraordinaire harangue de Maurin, se demandait quel avantage, en effet, il allait bien retirer de l’arrestation de son ennemi. Et deja il regrettait un peu d’avoir mis les gendarmes dans ses affaires. La Besti etait de ces intelligences d’impulsifs bornes qui ne voient jamais qu’un objet a la fois, celui qui fait leur convoitise et sur lequel aussitot ils se precipitent.

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