En croisant le president qu’ils connaissaient bien, ils s’arretaient etonnes, se decouvraient, et le saluaient avec

Cependant, sur l’ordre de Miramon, les troupes s’etaient engagees dans des sentiers perdus, presqu’infranchissables, ou les chevaux n’avancaient qu’avec une difficulte extreme.

Le paysage se fit alors plus abrupte et plus accidente; la marche devint plus rapide, le silence se retablit dans les rangs des soldats: on approchait de l’ennemi.

Vers dix heures du matin, le president ordonna une halte pour faire reposer les chevaux, et donner aux soldats le temps de dejeuner. Ordinairement rien de curieux comme une armee mexicaine; chaque soldat est accompagne de sa femme, chargee de porter les provisions de bouche, et de preparer les repas. Ces malheureuses, devouees a toutes les affreuses consequences de la guerre, campent a quelques distances des troupes lorsqu’elles s’arretent; ce qui donne aux armees mexicaines l’apparence d’une emigration de barbares. Lorsqu’on livre bataille, elles demeurent spectatrices impassibles de la lutte, sachant d’avance qu’elles deviendront la proie du vainqueur, mais acceptant, ou plutot se soumettant avec une philosophique indifference a cette dure necessite.

Cette fois, il n’en avait pas ete ainsi; le president avait expressement defendu qu’aucune femme suivit l’armee; les soldats avaient donc emporte leurs provisions de bouche toutes preparees dans les alforjas, ou doubles poches de toile attachees a l’arriere de leur selle; precaution qui, en evitant une perte de temps considerable sur celui marque pour le repas, avait en outre cet avantage qu’elle evitait qu’on allumat du feu. A onze heures on sonna le boute-selle et chacun se mit en devoir de reprendre son rang. drive master On approchait de Toluca, lieu ou le president avait resolu d’attendre l’ennemi.

Le chemin coupe de ravins profonds, a travers lesquels on ne pouvait passer qu’avec des difficultes extremes, devenait presqu’impraticables; cependant les soldats ne se decourageaient pas, c’etait l’elite des troupes de Miramon, ses plus fideles partisans, ceux qui l’avaient accompagne depuis le commencement de la guerre; ils redoublaient d’ardeur devant les obstacles qu’ils surmontaient en riant, encourages par l’exemple de leur jeune general qui marchait bravement en avant, et leur donnait ainsi l’exemple de la patience et de l’abnegation. Le general Cobos avait ete detache en eclaireur avec une vingtaine d’hommes resolus afin de surveiller la marche de l’ennemi, et d’avertir le president des qu’il l’apercevrait, en se repliant aussitot sans se laisser voir sur le gros de l’armee. Soudain Miramon apercut trois cavaliers qui accouraient a toute bride vers lui; supposant avec raison que ces cavaliers etaient porteurs d’une nouvelle importante, il eperonna son cheval et s’elanca au devant d’eux. Bientot il les eut rejoints. De ces trois hommes deux etaient des soldats, le troisieme bien monte et arme jusqu’aux dents, paraissait etre un paysan.

–Quel est cet homme? demanda le president en s’adressant a un des soldats. –Excellence, repondit l’un d’eux, cet individu s’est presente au general en demandant a etre conduit vers vous, il est porteur, dit-il, d’un pli qui doit vous etre remis personnellement.

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