Elle s’epand et cuivre les glaces adverses, ou s’enfoncent d’infinies perspectives de la salle, reflechies et

De meme, au theatre, la galerie sans bout du palatial decor. Des tetes pommadees et des cranes chauves. Et, proferes, des mots etranges de jeux. Bruit des dominos grattant les tables.

Des ephebes etreignent leurs cartes, les Rois impassibles tronant avec le sceptre, les Reines a figure ronde, et les As solitaires.

Ils tremblent blemes, la main fremissant au bord du tapis rouge, ou s’enlacent sataniquement les noires initiales du patron. Un sou la fiche. Autour des billards, verts comme des prairies anglaises, les messieurs grisonnants s’appuient sur les queues, en silence, dans l’attitude du hallebardier royal. Et les blancheurs des tabliers qui ceignent les garcons lachent seuls une note crue dans la symphonie des couleurs cuivrees.

La tres laide caissiere, a peine decouvrable au milieu des flacons a pans et des maillechorts, inscrit. Ses gros doigts courent sur la page, courent avec une bague a chaton d’emeraude. Tandis que de jeunes hommes etouffent de criailleries le bruissement qui plane: « Tu as une veine de cocu! Le roi! Tu es baise! » et jettent les cartes sur le marbre avec une bestiale rage. Magistralement un notaire impose: Whist veut dire silence.

Nulle contree au monde n’offre, aux regards eblouis des voyageurs, de plus charmants paysages que le Mexique; entre tous, celui de _las Cumbres_ ou des cimes est sans contredit un des plus saisissants et des plus gracieusement accidentes. Las Cumbres forment une suite de defiles au debouche des montagnes, a travers lesquelles serpente par des meandres infinis le chemin qui conduit a Puebla de _los Angeles_ (la ville des Anges), ainsi nommee, parce que les anges, selon la tradition, en construisirent la cathedrale. La route dont nous parlons, construite par les Espagnols, descend sur le flanc des montagnes par des angles d’une hardiesse vertigineuse, flanquee a droite et a gauche par une suite non interrompue d’aretes abruptes, noyees dans une vapeur bleuatre; a chaque tournant de cette route suspendue pour ainsi dire au-dessus de precipices garnis d’une luxuriante vegetation, le spectacle change et devient de plus en plus pittoresque, les cimes des montagnes ne s’elevent pas l’une derriere l’autre, mais s’abaissent graduellement, tandis que celles qu’on a franchies se dressent au contraire a pic en arriere. Le 2 juillet 18. . , vers quatre le site heures de l’apres-midi, au moment ou le soleil, deja bas sur l’horizon, ne deversait plus que des rayons obliques sur la terre calcinee par la chaleur du mediodia et que la brise, en se levant, commencait a rafraichir l’atmosphere embrasee, deux voyageurs, bien montes, emergerent d’un bois touffu de yucas, de bananiers et de bambous aux aigrettes de pourpre, et s’engagerent sur une route poudreuse aboutissant par une suite de degres immenses a un vallon ou un ruisseau limpide courait a travers la verdure et entretenait une douce fraicheur. Les voyageurs, seduits probablement par l’aspect imprevu du paysage grandiose qui se deroulait si soudainement a leurs yeux, arreterent leurs montures, et, apres avoir pendant quelques minutes considere avec admiration les pittoresques accidents des echappees de montagnes, ils mirent pied a terre, oterent la bride a leurs chevaux et s’assirent sur le bord du ruisseau dans le but evident de jouir, pendant quelques instants de plus, des effets de cet admirable kaleidoscope, unique dans le monde.

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