Doucement surgissent les anciennes souvenances, souvenances de bonheur et de tourment; doucement du fond poussiereux des

Et melancoliquement se plaignent les souvenances delaissees, souvenances de bonheur et de tourment; melancoliquement du fond poussiereux des malles, melancoliques,–telles parmi les ramures les bises hiemales,–des replis des anciens mouchoirs aux surannes parfums, elles se plaignent les souvenances delaissees. IV MALeFICE Ils avaient bu toute la nuit, Styx le poete desole et Laas le poete calme, ils avaient bu a la coupe d’or de la fee Eaudevie, cette compatissante qui change les cailloux en pierreries, Qui porte la lune Dans son tablier, comme a dit un autre poete, leur aine. Adoncques, a l’heure ou, sous le clignotement de la derniere lanterne, le dernier ribleur rase les murs suintants, ils passerent la riviere Sequane sur le Pont-au-Double, en face le parvis de la Cathedrale.

Les pieds dans la boue et le front dans les etoiles–absentes,–ils allerent d’aguet, par la ruelle torte aux paves disjoints, chez les Villotieres adextres a tenir amoureuses lysses, ou l’on a sadinet cy pris, cy mis. Muets, a la lueur blafarde de la chandelle chassieuse, ils grimperent les marches vermoulues de l’escalier branlant, jusques a la haute chambre aux poutres enfumees, aux escabeaux cul-de-jatte, ou les malefiques Circes du bas mestier etalaient leurs reins monstrueux et leurs torses lubriques sous les courtines de percale des lits craquetants. La, bientot enerves par les caresses savantes des filles, les deux poetes voulurent chanter Priape. Mais lorsqu’ils ouvrirent leur bouche idoine a lancer l’ample alexandrin aux sonorites de cuivre,–ils grognerent comme des pourceaux. _Quatrieme Soiree_ ici _La mer, d’un jade qui ecumerait. Et le tissu metallique des pluies voile le ciel morose. _ _Jusqu’aux flots du golfe, le vieux palais genois etend ses balustres a travers les bosquets de myrtes. Petale a petale s’effeuillent les roses pourpres trop chetives pour soutenir les gouttes pesantes de l’averse; et les petales pourpres jonchent la pelouse. _ _Et la mer geint, la mer d’un jade qui ecumerait. _ _Les dames transies des fresques anciennes croisent leurs bras anguleux sur leurs poitrines liturgiques.

Les chevaliers foulent de leurs pieds de fer les echines des lions armoriaux, et l’impassibilite rebarbative de leurs visages glace. En une ombre caligineuse, humide, les dalles des larges escaliers degradent.

Vers ou?_ _La-bas s’erige l’amphitheatre des collines olivatres; et les maisons s’y etagent, assises en cercle au spectacle des eaux, comme un peuple. _ _Et le tissu metallique des pluies voile le ciel morose. _ _Les vaisseaux ivres titubent a la surface du golfe qui moutonne, et monte, et se derobe.

_ _Et les grands moles se courbent dans les flots, les grands moles qui guettent au loin, de leurs phares. _ _Une mouette. L’eclair oblique de son ventre blanc, et l’aigu de sa tete grise, dans le terne espace. _ _Miranda souleve sa face exsangue et la ruisselante blondeur de sa chevelure eparse ou brillent quelques saphirs perdus dans l’emmelement des tresses.

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