Dona carmen, qui etait loin de s’attendre a un denouement si prompt et surtout si heureux,

Plus de contrainte desormais, plus de malentendus, elles pourraient sans arriere-pensee se livrer a leurs doux reves d’avenir.

Qu’avaient-elles a redouter, maintenant qu’elles etaient sures de l’amour des deux jeunes gens? Quel obstacle pourrait empecher leur prompte union? Ainsi raisonnait dona Carmen, pour rassurer la pudeur un peu effarouchee de son amie par l’aveu le site qui malgre elle lui avait echappe et la remplissait de honte. Les jeunes filles sont ainsi, qu’elles consentent a ce que celui qu’elles aiment devine leur amour, mais qu’elles considerent comme une impardonnable faiblesse d’en convenir devant lui. Carmen, plus agee de quelques annees que Dolores et par consequent plus forte contre ses propres emotions, railla doucement son amie de sa faiblesse, et l’amena peu a peu a convenir avec elle que, puisque l’aveu de son amour etait fait, elle ne le regrettait pas. Elles quitterent alors leur chambrette, et, composant leur visage pour en effacer toute trace d’emotion, elles se rendirent au jardin.

Il etait desert. XXIX LE COUP DE MAIN En retournant de quelques pas en arriere, nous raconterons ce qui s’etait passe depuis le jour ou Miramon avait si _librement_ dispose de l’argent des bons de la Convention depose au consulat anglais jusqu’a celui ou notre histoire est arrivee; car les evenements politiques, non seulement ne furent pas etrangers, mais encore precipiterent le denouement de l’histoire que nous avons entrepris d’ecrire. Ainsi que don Jaime le lui avait predit, la facon tant soit peu brutale dont le general MArquez avait execute ses ordres, et l’acte meme foncierement illegal de s’emparer des fonds de la Convention, avait fatalement entache le caractere jusque-la si pur de tout arbitraire et de toute spoliation du jeune president. En apprenant cette nouvelle, les membres du corps diplomatique, entre autres l’ambassadeur d’Espagne et le charge d’affaires de France, qui penchaient plutot pour Miramon que pour JuArez, a cause de la noblesse de son caractere et de l’elevation de ses vues, avaient, des ce moment, considere la cause du parti modere represente par Miramon comme irremissiblement perdue, a moins d’un de ces miracles si frequents en revolution, mais dont rien ne faisait soupconner la possibilite. D’ailleurs, la somme comparativement fort importante des bons de la Convention, jointe a celle que don Jaime avait fait remettre au president, n’avait pas suffi, non pas a combler le deficit, il etait enorme, mais seulement a le diminuer sensiblement.

La plus grande partie de l’argent avait ete employee a payer les soldats qui, n’ayant pas touche de solde depuis trois mois, commencaient a faire entendre des cris seditieux et menacaient de deserter en masse. L’armee payee ou a peu pres, Miramon ouvrit des enrolements dans le but de l’augmenter, afin de tenter une derniere fois la fortune des combats, resolu a defendre pied a pied le pouvoir qui lui etait librement confie par les representants de la nation.

Cependant, malgre la confiance qu’il affectait, le jeune et aventureux general ne se faisait pas illusion sur ce que sa position avait de deplorable, vis-a-vis des forces de plus en plus considerables et reellement imposantes des _puros_, ainsi que se nommaient eux-memes les partisans de JuArez; aussi, avant de jouer sa derniere partie, voulut-il essayer du dernier moyen en son pouvoir c’est-a-dire une mediation diplomatique.

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