Don jaime suivait attentivement sur le visage de dona maria les divers sentiments qui venaient tour

Loick arriva, suivi de Lopez; un cheval frais fut selle pour Dominique. –Partons, dit l’aventurier en se levant; le temps presse. Le jeune homme prit conge des dames. –Vous reviendrez, n’est ce pas, monsieur? lui demanda gracieusement dona Maria. –Vous etes mille fois trop bonne, madame, repondit-il; ce sera pour moi un bonheur de profiter de votre charmante invitation. Ils sortirent. Dona Maria arreta son frere par le bras. –Un mot, don Jaime, lui dit-elle d’une voix tremblante. –Parlez, ma soeur. –Vous connaissez ce jeune homme? –Parfaitement. –Est-ce bien reellement un gentilhomme francais? –Il passe pour ce site tel, repondit-il, en la regardant fixement. –J’etais folle, murmura-t-elle en lachant le bras qu’elle avait retenu jusque-la et en poussant un soupir.

Don Jaime sourit sans repondre. Bientot on entendit resonner au dehors les fers des quatre chevaux lances a fond de train. XX LA SURPRISE Ils galoperent ainsi jusqu’au soir, sans echanger une parole. Au coucher du soleil, ils atteignirent un rancho ruine place comme une vedette, sur le bord de la route; l’aventurier fit un geste, les cavaliers retinrent la bride.

Un homme sortit du rancho, les regarda sans prononcer une parole, puis il rentra.

Quelques minutes s’ecoulerent; l’homme reparut de nouveau, cette fois il venait de derriere le rancho et conduisait deux chevaux par la bride. Ces chevaux etaient selles.

L’aventurier et Dominique sauterent a terre, enleverent les alforjas et les pistolets, les replacerent sur les chevaux frais et se mirent en selle. L’homme revint une seconde fois, il amenait deux autres chevaux, Loick et Lopez descendirent a leur tour. L’homme, toujours muet, rassembla les brides des quatre chevaux et s’eloigna les conduisant derriere lui. –En route! cria don Jaime.

Ils repartirent. La course recommenca silencieuse et rapide; la nuit etait sombre, les cavaliers glissaient dans l’ombre comme des fantomes. Toute la nuit, ils galoperent ainsi; vers cinq heures du matin, ils changerent encore de chevaux dans un rancho a demi ruine; ces hommes semblaient de fer: depuis quinze heures ils etaient en selle, la fatigue n’avait pas de prise sur eux. Pas un mot n’avait ete echange entre eux pendant cette longue traite. Vers dix heures du matin, ils virent briller aux rayons eclatants du soleil les domes de Puebla; ils avaient franchi cent-vingt-six kilometres qui separent cette ville de Mexico en moins de vingt heures, par des chemins presqu’impraticables.

A une-demi lieue environ de la ville, au lieu de continuer a s’avancer en ligne droite, sur un signe de l’aventurier, ils firent un crochet et s’enfoncerent dans un sentier a peine fraye, trace a travers un bois taillis. Pendant une heure, ils galoperent a la suite de don Jaime qui avait pris la tete de la cavalcade. Ils atteignirent ainsi un brulis qui formait une clairiere assez etendue. Au centre de cette clairiere s’elevait une enramada.

–Nous sommes arrives, dit l’aventurier en arretant son cheval et mettant pied a terre; c’est ici provisoirement que nous etablirons notre quartier general.

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