–don benito juarez, de sa capitale de la veracruz a ordonne la concentration de ses troupes

Amondia et Gazza qui ont longe la cote viennent par Jalapa, amenant avec eux pres de six mille hommes de troupes regulieres et flanques en avant, a droite et a gauche, par les guerillas de Cuellar, de Carvajal et de don Felipe Neri Irzabal.

–Quant a ce dernier chef, general, vous n’avez plus a vous en occuper, il est mort. –D’accord, mais sa bande existe toujours. –C’est vrai. –Or, ces corps qui arrivent de differents cotes a la fois, ne tarderont pas, si nous les laissons faire, a se reunir et a nous enserrer dans un cercle de fer, composent un effectif de pres de vingt mille hommes; de quelles forces disposons-nous pour leur resister? –Mais. . . –Je vais vous le dire: en epuisant toutes nos ressources je ne saurais disposer que de sept mille hommes, de huit mille ici au plus en armant les leperos, etc; armee bien faible, vous en conviendrez. –En rase campagne, oui, c’est possible, general; mais ici, a Mexico, avec la formidable artillerie dont vous disposez, plus de cent vingt pieces de canons, il vous est facile d’organiser une serieuse resistance; et si l’ennemi se resout a mettre le siege devant la capitale, des flots de sang seront verses avant qu’il reussisse a s’en rendre maitre. –Oui, mon ami, ce que vous dites est vrai, mais, vous le savez, je suis un homme humain et modere; la ville n’est pas disposee a se defendre, nous n’avons ni vivres, ni provisions, ni moyens de nous en procurer, puisque maintenant les campagnes ne nous appartiennent plus et que, en dehors d’un reseau de trois ou quatre lieues a peine autour de la ville, tout nous est hostile. Comprenez-vous, mon ami, quelles seraient les horreurs d’un siege subi dans ces conditions desavantageuses, les ravages dont la capitale du Mexique, la plus belle et la plus noble cite du Nouveau Monde, serait victime? Non, la pensee seule des extremites auxquelles serait reduite cette malheureuse population, me navre le coeur, jamais je ne consentirai a la pousser a une telle extremite. –Bien, general, vous parlez en homme de coeur aimant veritablement son pays; je voudrais que vos ennemis vous entendissent vous exprimer ainsi. –Eh! Mon Dieu, mon ami, ceux que vous nommez mes ennemis, n’existent pas en realite, je le sais parfaitement: des ouvertures m’ont ete faites a moi personnellement a plusieurs reprises, m’offrant des conditions fort avantageuses et fort honorables; lorsque je serai tombe, j’offrirai cette singuliere particularite, rare au Mexique, d’un president de la Republique renverse par des gens qui l’estiment et emportant dans sa chute toutes les sympathies de ses ennemis. –Oui, oui, general, et il n’y a pas longtemps encore, si vous aviez consenti a eloigner certaines personnes que je ne nommerai pas, tout se serait arrange a l’amiable. –Je le sais comme vous, mon ami, mais c’eut ete une lachete, je n’ai pas voulu la commettre: les personnes auxquelles vous faites allusion me sont devouees, elles m’aiment; nous tomberons ou nous triompherons ensemble. –Les sentiments que vous exprimez, general, sont trop nobles pour que j’essaie de les discuter.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *