Don andres, car tel etait en realite son nom, fut terrorise a cette revelation, non qu’il

Cependant don Andres maitrisa son emotion et s’adressant de nouveau au guerillero: –Prenez garde a ce que vous faites, senor coronel, dit-il, je ne suis pas le premier venu, moi, je ne site de l’entreprise me laisserai pas ainsi spolier sans me plaindre, il y a a Mexico un ambassadeur espagnol qui saura me faire rendre justice. –Je ne sais ce que vous voulez dire, repondit imperturbablement don Felipe; si c’est du senor Pacheco dont vous parlez, sa protection ne vous sera je crois guere profitable; ce caballero qui se qualifie ambassadeur extraordinaire de S. M. la reine d’Espagne a juge convenable de reconnaitre le gouvernement du traitre Miramon. Nous n’avons donc, nous autres, rien a demeler avec lui et son influence aupres du president national est completement nulle, d’ailleurs je n’ai pas a discuter avec vous; quoiqu’il arrive, je vous arrete. Voulez-vous vous rendre ou pretendez-vous m’opposer une resistance inutile! Repondez. Don Andres jeta un regard circulaire sur les gens qui l’entouraient, il comprit que, a part ses domestiques, il n’avait a esperer de secours ou d’appui de personne, alors il laissa tomber ses revolvers a ses pieds, et croisant ses bras sur sa poitrine. –Je me rends devant la force, dit-il d’une voix ferme, mais je proteste devant tous ceux qui m’entourent contre la violence qui m’est faite. –Soit, protestez, cher seigneur, vous en etes le maitre, peu m’importe a moi; don Jesus Dominguez, ajouta-t-il en s’adressant a l’officier qui, calme, impassible et indifferent, avait assiste a cette scene, nous allons sans retard proceder a la visite minutieuse des bagages, et surtout des papiers du prisonnier. Le vieillard haussa les epaules avec mepris. –C’est bien joue, dit-il; malheureusement, vous vous y prenez un peu tard, caballero. –Que voulez-vous dire? –Rien autre chose, sinon que l’argent et les valeurs que vous vous flattez de trouver dans mes bagages n’y sont pas; je vous connais trop bien, senor, pour ne pas avoir pris mes precautions dans la prevision de ce qui arrive en ce moment. –Malediction! s’ecria le guerillero en frappant du poing le pommeau de sa selle; _gachupine_ du demon, ne crois pas nous echapper ainsi, quand je devrais te faire ecorcher vif je saurai, je te le jure, ou tu as cache tes tresors. –Essayez, repondit avec ironie don Andres, en lui tournant le dos. Le bandit venait de se reveler; le guerillero, apres l’eclat auquel l’avait emporte son avarice, n’avait plus de mesures a garder vis-a-vis de celui qu’il pretendait depouiller d’une facon si audacieusement cynique.

–C’est bien, dit-il, nous allons voir, et se penchant a l’oreille de don Jesus, il lui parla bas pendant quelques minutes. Les deux bandits concertaient sans doute entre eux les mesures les plus efficaces qu’ils comptaient employer afin de contraindre l’Espagnol a reveler son secret et a se mettre a leur merci.

–Don Andres, dit au bout d’un instant avec un ricanement nerveux le guerillero, puisqu’il en est ainsi, je me ferai un scrupule d’interrompre votre voyage; avant de retourner a la Veracruz nous nous rendrons de compagnie a votre hacienda del Arenal, ou nous serons beaucoup plus commodement que sur cette route pour parler d’affaires, veuillez, je vous prie, remonter dans votre voiture, nous partons; d’ailleurs votre fille, la charmante Dolores, a besoin sans doute d’etre rassuree.

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