De quoi alessandri fut averti, et fut tres marri jusqu’au beau jour de la saint-martin ou

La Saint-Martin est fetee annuellement dans les Maures par la petite bourgade du Plan-de-la-Tour, situee dans un creux de vallee a quatre ou cinq kilometres de Sainte-Maxime et de la mer. Saint Martin est le patron des Plantouriens.

Cette annee-la les hasards de la chasse entrainerent Maurin et Pastoure entre Sainte-Maxime et le Plan-de-la-Tour, la veille meme de la Saint-Martin. On avait signale par la un fort passage de becasses, et Pastoure et Maurin s’etaient separes pour battre plus de pays. Maurin avait tue trois ou quatre becasses que son brave griffon lui avait joyeusement rapportees, et il se rapprochait du lieu ou il devait retrouver son compagnon Pastoure pour gagner avec lui le Plan-de-la-Tour.

La, ils devaient dejeuner chez l’aubergiste Jouve, un homme pour qui Maurin avait la plus grande estime et la plus grande affection.

L’endroit du rendez-vous etait au sommet d’une colline, dans une mussugue au milieu de laquelle s’elevaient quelques pins espaces. Sur le profil de cette colline, Maurin apercut tout a coup la silhouette gesticulante du silencieux Pastoure. Pastoure, n’ayant pas rencontre de becasses, cherchait un lapin. Dans cette region, la chasse aux lapins se fait d’une facon toute particuliere. On les fait chercher par les chiens dans la mussugue. La « mussugue » est un champ de cistes. Dans ces champs de cistes, les pas des chasseurs, parfois la faucille, ont trace d’etroits sentiers. Les chiens courants sont lances. C’est au moment ou le lapin sort de la mussugue et suit ou traverse un sentier, qu’on le tire.

Mais la mussugue drue et qui vous monte a la hauteur du genou, empeche de surveiller ces sentes etroites. Et drive master c’est pourquoi les pins qui ca et la se dressent dans les champs de cistes sont respectes religieusement et leurs branches taillees de maniere a former de courts et commodes echelons pareils a ceux des perchoirs a perroquets. Quand le chien « bourre », le chasseur s’elance sur le perchoir le plus proche avec une singuliere agilite entretenue par l’habitude, et, du haut de l’arbre, a cheval sur une forte branche epaisse et coupee court, il fusille le lapin aussitot mort qu’entrevu. Tout cela se fait en un clin d’oeil.

Bien qu’il fut accoutume aux facons de Pastoure, Maurin, ce jour-la, delivre de ses grands soucis personnels, se prit a regarder son ami avec un interet tout nouveau. Selon sa manie, Pastoure, se croyant bien seul, etait en train de monologuer en gesticulant comme un semaphore. Cette fois Pastoure, que Maurin n’entendait pas, disait en appuyant d’un geste chacune de ses paroles: –Pas une becasse! pas une!.

. . Si j’en avais vu au moins une! une! Et il elevait un doigt en l’air. –Si c’est possible, bouan Diou! Et le fusil en bretelle, il secouait ses deux mains jointes. –C’est vrai qu’il n’a pas assez plu. Ici, renoncant a trouver un geste concordant a ses paroles, il jetait un regard vers le ciel d’ou tombe quelquefois la pluie: –Avoir couru tant de terrain! Et Pastoure etendait le bras, se designant a lui-meme tout le terrain qu’il venait de battre.

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