De luxembourg, s’esquivant, s’approcha de belle-rose

–Tu en as appele du general au colporteur, dit-il, le colporteur s’est souvenu.

Belle-Rose voulut repondre, M.

de Luxembourg l’arreta. –J’etais ton oblige, lui dit-il avec bonte, j’ai voulu prendre ma revanche: voila tout; maintenant, au lieu d’un protecteur, tu en as deux. Une minute apres ce fut au tour de M. de Nancrais. –Je sais ce que je te dois, dit-il a Belle-Rose; si tu as perdu un ami en M.

d’Assonville, tu as gagne un frere en moi, souviens-t’en. Une vigoureuse poignee de main termina ce laconique discours, et le nouveau colonel courut se faire reconnaitre par son regiment. Comme Belle-Rose rentrait au quartier de sa compagnie, une personne qui en sortait le heurta.

–Cornelius! –Belle-Rose! s’ecrierent-ils en meme temps, et les deux amis s’embrasserent. –C’est un jour heureux, reprit Belle-Rose.

Il en est donc encore dans la vie! –Il en est mille! repliqua Cornelius, dont le visage rayonnait de bonheur. J’ai vu votre pere, le digne Guillaume Grinedal; il m’appelle son fils; j’ai vu Pierre, qui veut a toute force etre soldat, afin de devenir capitaine; j’ai la une lettre de Claudine qui me prouve que je suis aime autant que j’aime, et vous demandez si, dans la vie, il y a des jours heureux! Mais elle en est pleine! Belle-Rose sourit. –Bah! continua le jeune enthousiaste, si je rencontre jamais une autre Claudine, je vous la donne, et vous serez de mon avis. –Nous chercherons, mais en attendant que nous l’ayons trouvee, vous devenez mon frere d’armes.

–Oui, certes; je suis volontaire, et je pretends bien prendre Bruxelles avec vous. –Pierre en sera-t-il? –Parbleu! il me suit. –Deja! –Demain il arrive au camp, et le soir meme il compte monter sa premiere garde. Tout en causant de leurs affaires et de leurs esperances, les deux jeunes gens etaient sortis des lignes. La journee etait belle et tiede; ils pousserent dans la campagne. Comme ils entraient dans un chemin creux, un coup de fusil retentit a quelque distance, et la balle s’aplatit contre un caillou, a deux pas de Belle-Rose. Cornelius s’elanca sur le revers du chemin. Un leger nuage de fumee flottait sur la lisiere d’un champ de houblon.

–Oh! oh! s’ecria-t-il, ce sont des maraudeurs espagnols. Je ne vois plus le camp. –Reculons alors, repondit Belle-Rose: des epees contre des mousquets, la partie n’est pas egale. Tous deux retrograderent, observant, l’un a droite, l’autre a gauche, ce qui se passait voir la page dans les environs. Ils n’avaient pas fait cinq cents pas, qu’un second coup de feu partit d’un petit bois. La balle cette fois traversa le chapeau de Cornelius.

–Un pouce plus bas, dit Cornelius en saluant l’ennemi invisible, et j’etais mort. Un nouvel eclair suivit le second, et la balle coupa, sur la poitrine de Belle-Rose, le revers de son habit. –Parbleu! dit-il, nous sommes bien sots de rester exposes comme des cibles a leurs coups; gagnons les bles. Tous deux s’y jeterent a l’instant et filerent dans la direction du camp, dont les premieres tentes se voyaient a un mille en avant.

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