–de grand coeur, monsieur, et merci, bientot nous nous connaitrons davantage, et alors vous me compterez,

Sur ces mots, les deux jeunes gens se serrerent chaleureusement la main.

–etes-vous content, mon ami? demanda dona Dolores. –Vous etes une fee, chere enfant, repondit Olivier avec emotion, vous ne sauriez vous imaginer combien vous me rendez heureux. Et il posa un respectueux baiser sur le front pur que la jeune fille inclina devant lui.

–Maintenant, reprit-il en changeant de ton, occupons-nous de notre affaire, le temps presse; mais il nous manque quelqu’un encore. –Qui donc? demanda la jeune fille. –Leo Carral, laissez-moi l’appeler; et, portant a ses levres un sifflet d’argent, il en tira un son aigu et prolonge.

Presque aussitot le galop d’un cheval se fit entendre dans le lointain, se rapprocha rapidement et le mayordomo ne tarda pas a paraitre. –Arrivez, arrivez, Leo, lui cria l’aventurier. –Me voici, senor, repondit le mayordomo, tout a vos ordres.

–Ecoutez-moi bien, reprit Olivier, en s’adressant a dona Dolores, l’affaire est grave, je suis contraint de m’eloigner aujourd’hui meme; mon absence peut durer longtemps, il m’est donc impossible de veiller sur vous; malheureusement j’ai le pressentiment qu’un danger imminent vous menace. De quelle sorte est ce danger? Quand fondra-t-il sur vous? Voila ce que je ne saurais preciser? Seulement il est certain; or, ma chere Dolores, ce que je ne puis faire, d’autres le feront; ce site ces autres ce sont le comte, Dominique et notre ami Leo Carral, tous trois vous sont devoues et veilleront sur vous comme des freres. –Mais mon ami, interrompit la jeune fille, vous oubliez, il me semble, mon pere et mon frere. –Non, mon enfant, je ne les oublie pas, je m’en souviens au contraire; votre pere est un vieillard, qui non seulement ne peut proteger personne, mais encore a besoin d’etre protege lui-meme; c’est le cas echeant ce que vous ne manquerez pas de faire; quant a votre frere don Melchior, vous connaissez, chere petite, mon opinion sur lui, il est donc inutile d’insister sur ce point; il ne pourra ou ne voudra pas vous defendre. Vous savez que je suis ordinairement bien informe et que je me trompe rarement; or, souvenez-vous bien de ceci tous: gardez-vous surtout, soit en paroles soit en actions de laisser supposer a don Melchior ou a quelque autre habitant que ce soit de l’hacienda que vous prevoyez un malheur; seulement veillez avec soin, afin de ne pas vous laisser surprendre et prenez vos precautions en consequence. –Nous veillerons, rapportez-vous-en a moi, repondit le vaquero; mais j’ai a vous faire, mon ami, une objection, qui, je le crois, ne manque pas de justesse. –Laquelle? –Comment ferai-je pour m’introduire dans l’hacienda et y demeurer sans eveiller les soupcons? Cela me parait assez difficile.

–Non, vous vous trompez; personne excepte Leo Carral ne vous connait a l’Arenal, n’est-ce pas? –En effet.

–Eh bien! Vous y arriverez comme Francais, ami du comte de la Saulay, et pour plus de surete vous feindrez de ne pas savoir un mot d’espagnol. –Permettez, fit observer Ludovic; j’ai parle quelques fois a don Andres d’un ami intime attache a la legation de France a Mexico, et qui d’un moment a l’autre doit me venir voir a l’hacienda.

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