De charny avaient repris le cours de leurs investigations

En trois mots, la Deroute mit Belle-Rose, Cornelius et Grippard au fait de son projet. Tous l’adopterent. –Maintenant, dit la Deroute quand on fut d’accord sur les moyens d’execution, ayons bon pied et bon oeil. Les le site conjures s’enfoncerent dans les jardins sur les pas des agents de M. de Charny qui furetaient. –Chut! fit la Deroute quand ils furent dans un endroit ecarte tout couvert d’arbres; voici l’un des gars qui prend le long de la charmille; glissons-nous de l’autre cote, et ne le manquons pas.

On laissa Belle-Rose et Cornelius aux trousses de l’autre, et la Deroute et Grippard prirent par la charmille, marchant sur l’herbe et sans bruit. Quand ils furent tout au bout, ils se coucherent a plat ventre dans un fosse et attendirent, l’oeil sur le laquais qu’ils regardaient a travers les broussailles. Le laquais arrivait lentement; lorsqu’il fut a trois pas d’eux, se croyant seul, il tira un crayon de sa poche et traca quelques lignes sur un bout de papier. Il avait le pied sur une souche d’arbre, le papier sur le genou, et le corps penche en avant. La Deroute et Grippard se mirent sur leurs pieds lentement, et sauterent sur le laquais, qui se trouva pris sans avoir eu le temps de remuer. –Si tu cries, tu es mort, lui dit la Deroute en lui faisant sentir au cou la pointe de son poignard.

Le laquais, epouvante, se tut, et on le garrotta avec des bouts de corde dont le sergent avait les poches pleines. –Et d’un! fit la Deroute, apres que le laquais, pieds et poings lies, fut etendu sur l’herbe. On entendit un coup de sifflet. –Et de deux! s’ecria-t-il. Il courut du cote d’ou venait le coup de sifflet, et trouva Belle-Rose et Cornelius qui achevaient de se rendre maitres du second laquais. –Il a ete doux comme un agneau, dit le capitaine; c’est etonnant comme la vue d’un fer luisant et pointu rend ces messieurs-la accommodants. On enleva les deux prisonniers, et quand on les eut transportes en lieu sur, on les deshabilla. –Laissez-nous ca, dit le sergent a Belle-Rose, qui deja mettait la main sur la defroque; il y en a deux encore, et nous allons nous charger de ces deux-la, n’est-ce pas, Grippard? –Parbleu! dit le caporal, qui s’habillait deja. De larges gouttes de pluie commencaient a tomber, et le jour baissait quand la petite troupe quitta le reduit ou l’on avait enferme les deux laquais sous clef. –Il fait un temps a souhait, dit la Deroute, qui s’achemina, en compagnie de Grippard, vers les ecuries. Des deux laquais qui restaient, l’un, fatigue par la chaleur de cette soiree etouffante, s’etait endormi sous un hangar; l’autre ravaudait autour des ecuries.

Celui-ci vit venir de loin la Deroute et Grippard; et a leur costume, il les prit pour ses deux camarades. –He! arrivez donc, vous autres, cria-t-il, voici l’ombre qui vient; il faut appreter la voiture et les chevaux. La Deroute suivit le laquais, qui entra sous la remise; Grippard ne le quittait pas. A un signe du sergent, il se jeta sur le laquais et le coucha par terre, faisant luire a deux pouces de son visage la lame d’un poignard.

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