Dans sa fievre, il arrache une a une les parties de son costume et les jette

Bientot il les ira rejoindre, ces oripeaux qui lui ont valu la seule felicite de sa vie. A quoi bon vouloir encore tenter l’impossible, decrire site de l’entreprise et imiter l’inconnu? Insanite! Et sans le travail, son existence est sans but, puisqu’il n’en peut jouir. Jusqu’au loin, s’alignent, en file, des rangees de tonneaux, des tas de pierres, des empilements de planches. Puis un pont: un chapelet de lampadaires, le falot vert d’un fiacre qui semble glisser sur le garde-fou. Se tuer c’est imposer la douleur sans fin a un etre excellent, une mere qui par ses caresses, par ses regards et ses moindres paroles demande a son fils pardon d’avoir produit. –Il ne peut mourir. Des rues etroites se percent entre les pates de batisses neuves. Paul Grimail en apercoit une plus eclairee: la lanterne d’un bouge rayonne avec son numero enorme, ombrant les vitres. _Cinquieme Soiree_ _Au pied de la montagne a la chevelure frondante, la villa blanche et enguirlandee. _ _Sur les gazons ras des pelouses et parmi les hauts tulipiers aux branches se bifurquant,–tel un blanc gypaete les ailes toutes grandes,–la blanche et enguirlandee villa se pose. _ _La nuit est pale d’etoiles.

_ _L’air torride est tout embaume de la seve des branches frondantes de la foret, et de l’arome des rhododendrons, et de la saveur des mures.

_ _Au pied de la montagne, sur les gazons ras des pelouses,–tel un blanc gypaete les ailes toutes grandes,–la villa se pose. _ _La nuit est pale d’etoiles.

_ _La rue close de baraques foraines s’aveugle de lumiere, s’assourdit de claquements de fouet, de cris et de sonnailles. _ _La-bas, par-dessus les toits ardoises, l’orchestre du casino clangore. _ _La-bas, dans l’obscurite humide de l’allee, on entend le gave qui saute le barrage. . . _ _Parmi les hauts tulipiers aux branches se bifurquant, la blanche et enguirlandee villa. _ _L’air torride embaume la seve de la foret, l’arome des rhododendrons, la saveur des mures. _ _Des fouets qui claquent. _ _Des sonnailles qui tintinnabulent. _ _Des roues qui roulent. _ _Des cuivres qui clangorent.

_ _De l’eau qui bruit. _ _La nuit est pale sur la villa aux guirlandes. .

. _ _En robe claire a pois, Miranda se renverse, le cou nu et des rubacelles aux oreilles. _ LE CUL-DE-JATTE I Une grosse pluie d’orage s’epanche dans la cour du Louvre, souleve des stalagmites liquides et polit l’asphalte. A sentir cette fluide tiedeur impregner le col de sa chemise, ephraim Samuel s’irrite: « Sacree infirmite! Pas meme pouvoir se servir d’un pepin! » Et, violemment, le cul-de-jatte balance son torse, le projette, les yeux clignes sous la gifle de l’eau. Il s’arc-boute des mains pour faire courir ses fesses redondantes, ligotees dans un siege a roulettes. Et sa demi-personne s’ejouit quand, par une grande vitesse acquise, elle fend l’air avec un bruit ronronnant d’express. Mais son tape-cul, tout neuf etrenne ce jour-la meme, a l’occasion d’un mariage, lui vaut une obsedante inquietude. Deja, le matin, a la synagogue, au moment ou le verre symbolique lance par-dessus le couple nuptial vint se rompre contre les dalles, un craquement a gemi sous les reins tendus d’ephraim qui se haussait pour voir.

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