–comment as-tu vu cela, par cette nuit noire? –le peon portait une lanterne; l’homme dont je

–Quel costume portait cet homme? –Celui d’officier superieur de cavalerie. –C’est bien, apres? –Il a remis son chapeau a plumes au peon, celui-ci est rentre dans la maison dont il est sorti un instant apres, portant un chapeau de vigogne a golilla d’or, des pistolets et un fusil, il a chausse des eperons en argent a l’officier, celui-ci a pris les armes s’est coiffe du chapeau, est monte sur le cheval et est parti. –Dans quelle direction? –Dans celle de la Plaza Mayor.

–Et le peon? –Il est rentre dans la maison. –Tu es sur de ne pas avoir ete vu par l’un on l’autre? –J’en suis sur. –C’est bien; veille! Adieu! –Adieu! et il se renfonca dans les tenebres. L’aventurier et son peon tournerent bride; bientot ils se retrouverent sur la Plaza Mayor, mais ils la traverserent sans s’arreter. Don Jaime paraissait savoir quelle direction il lui fallait suivre, car il galopait sans hesiter a travers les rues; bientot il arriva a la garita de San Antonio, qu’il passa sans s’arreter; quelques maraichers commencaient deja a entrer en ville. Arrive a six cents pas de la garita environ, voir la page a un endroit ou la route forme un carrefour dont le milieu est occupe par une croix de pierre et ou viennent rayonner en etoiles six routes assez larges mais fort mal entretenues, l’aventurier s’arreta de nouveau et comme la premiere fois, il poussa un sifflement aigu. Au meme instant, un homme, couche au pied de la croix, se leva tout droit et se tint immobile devant lui. –Un homme est passe ici, dit don Jaime, monte sur un cheval pie, coiffe d’un chapeau a golilla d’or. –Cet homme est passe, repondit l’inconnu. –Combien y a-t-il de temps? –Une heure. –etait-il seul? –Il etait seul. –Quelle direction a-t-il prise? –Celle-ci, repondit l’inconnu en etendant le bras vers le deuxieme sentier de gauche. –C’est bien. –Suivrai-je? –Ou est ton cheval? –Dans un corral pres de la garita. –C’est trop loin, je n’ai pas le temps d’attendre adieu, veille. –Je veillerai. Il se recoucha au pied de la croix.

Les deux cavaliers reprirent leur course. –C’est bien au Palo Quemado qu’il se rend, murmura l’aventurier, nous l’y trouverons. –C’est probable, fit Lopez, avec le plus grand sang-froid; c’est drole que je n’aie pas devine cela plus tot, c’etait cependant bien facile. Ils galoperent pendant une heure environ, sans echanger une parole; enfin, ils apercurent a une courte distance une masse sombre dont la noire silhouette se detachait sur l’obscurite moins epaisse de la campagne qui les cerclait. –Voici le Palo Quemado, dit don Jaime. –Oui, repondit seulement Lopez. Ils firent encore quelques pas en avant et s’arreterent. Tout a coup un chien se mit a aboyer avec fureur. –!Demonio! s’ecria don Jaime, il faut passer, le maudit animal nous trahirait.

Ils eperonnerent leurs chevaux et partirent a fond de train.

Au bout de quelques instants le chien dont les abois s’etaient changes en grognements sourds se tut completement. Les cavaliers firent halte, don Jaime mit pied a terre.

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