Comme ca, nous gardons tout le gibier pour nous! –revenons a maurin, dit le prefet sceptique;

Il a bien sa cabane de bois a la Foux, dans le golfe de Saint-Tropez.

La demeure sa vieille mere avec le plus petit des deux fils de Maurin.

–Et ou sont ses autres enfants? Ici maitre Pons sourit d’un air capable et cligna de l’oeil. –Est-ce qu’on sait? Un peu partout! –Vraiment? –Comme j’ai l’honneur de le laisser deviner a monsieur le prefet, dit maitre Pons, narquois.

–On ne s’embete pas en Provence! dit le prefet. –Quant a Maurin, dit Pons, si on veut le voir, il n’y a qu’un moyen. On ecrit aux maitres d’ecole, aux gardes, aux gendarmes et aux maires de le prevenir s’ils le rencontrent. –Les gendarmes et les maires. . . de quelles communes? interrogea le prefet. Maitre Pons repliqua sans hesiter, tout d’un trait: –Des communes d’Hyeres, de La Londe, de Bormes, de Collobrieres, de Pignans, de Gonfaron, de la Garde-Freinet, des Mayons-du-Luc, de Cogolin, de la Molle, de Saint-Tropez, de Sainte-Maxime et du Muy. Ce sont ses villes. –Comment! ses villes?. . . Les villes de qui? –Les villes de Maurin, pardi! Le prefet se met a rire. –C’est donc vraiment un roi? –Comme j’ai eu l’honneur de vous le dire, monsieur le prefet. –Et, quels sont ses rapports avec la Republique francaise, le savez-vous, maitre Pons? dit le prefet d’un air grave.

–Excellents, monsieur le prefet.

Maurin ne chasse jamais sur les terres de l’etat.

Jamais garde ni gendarme n’a encore verbalise contre lui. Maurin ne chasse pas en temps prohibe. . . tout au plus la veille ou l’avant-veille de l’ouverture pour ne pas laisser trop de gibier dans les endroits faciles, aux gens des villes. . . Maurin tend quelques pieges peut-etre par-ci par-la, mais les renards, les fouines, les chats sauvages et meme les sangliers sont des animaux nuisibles dont Maurin est l’ennemi jure. –Maurin aime sa mere et s’occupe beaucoup du plus jeune de ses fils. . . –Et pas des autres, c’est entendu! dit le prefet, riant. –Un peu moins peut-etre, je ne sais pas, c’est son affaire, monsieur le prefet; mais on peut etre sur qu’il fait ce qu’il doit, selon les circonstances naturellement. . . Enfin, Maurin est un brave homme, monsieur le prefet, tout le pays vous le dira; c’est un revolutionnaire de gouvernement.

Le prefet se frottait les mains.

–Vous dites?. . . les noms des villes de Maurin? Maitre Pons dicta. Le prefet ecrivit pour faire demander a Maurin d’organiser une battue a laquelle etaient invites un senateur, deux deputes, un general, un candidat a la deputation et une ou deux belles dames. .

. . . . Et voila pourquoi le proces-verbal du gendarme Alessandri fut tres mal recu a Toulon. Le sous-prefet de Toulon partit pour Draguignan afin d’en conferer avec le prefet. . . Le prefet se disait que persecuter drive master Maurin sans de graves motifs, ce serait non seulement etre l’ennemi de son propre plaisir, mais encore s’aliener l’esprit de toutes les villes que maitre Pons enumerait si couramment comme soumises a l’influence du Roi des Maures. –C’est egal,–repetait a maitre Pons M.

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