Ceux-ci quitterent alors le rancho, descendirent le monticule, et trouverent leurs chevaux tout prets a etre

Apres avoir fait un dernier signe d’adieu aux habitants du rancho groupes sur la plate-forme, ils se mirent en selle et s’eloignerent au galop a travers terre pour aller rejoindre la route de la Veracruz.

–Allons-nous donc dans les Terres-Chaudes? demanda Dominique tout en galopant aupres de son compagnon. –Oh! Oh! Nous n’allons pas aussi loin, tant s’en faut; je te conduis seulement a quelques lieues d’ici, dans une hacienda ou je compte te faire faire une nouvelle connaissance. –Bah! Pourquoi donc? Je me soucie peu des nouvelles connaissances.

–Celle-ci te sera fort utile. –Ah! Alors c’est different. Je vous avoue que je n’aime pas beaucoup les Mexicains. –La personne a laquelle on te presentera n’est pas mexicaine, elle est francaise.

–Ce n’est plus du tout la meme chose, mais pourquoi donc me dites-vous qu’on me presentera? Est-ce que ce n’est pas vous qui vous chargerez de cela? –Non, c’est une autre personne que tu connais, et pour laquelle tu as meme une certaine affection. –De qui donc parlez-vous? –De Leo Carral. –Le mayordomo de l’hacienda del Arenal? –Lui-meme. –C’est donc a l’hacienda que nous allons, alors? –Pas precisement, mais dans les environs. J’ai donne au mayordomo un rendez-vous ou il doit m’attendre, c’est a ce rendez-vous que nous allons en ce moment. –Alors tout est pour le mieux, je serai charme de revoir Leo Carral.

C’est un bon compagnon.

–Et un homme de coeur et d’honneur, ajouta Olivier. X LE RENDEZ-VOUS Depuis son arrivee a l’hacienda del Arenal, dona Dolores avait toujours tenu envers le comte de la Saulay une conduite reservee que les projets de drive-master.com mariage faits par leurs deux familles etaient loin de justifier. Jamais la jeune fille n’avait eu, nous ne dirons pas d’entretiens particuliers avec celui qu’elle devait en quelque sorte considerer comme son fiance, mais seulement la plus legere privaute et la plus innocente familiarite; tout en demeurant polie et meme gracieuse, elle avait su, des le premier jour qu’ils s’etaient vus, elever une barriere entre elle et le comte, barriere que celui-ci ne s’etait jamais hasarde a franchir et qui l’avait condamne a demeurer, peut-etre contre ses desirs secrets, dans les bornes de la plus severe reserve. Dans ces conditions, et surtout apres la scene a laquelle il avait assiste la nuit precedente, on comprendra facilement quelle dut etre la stupefaction du jeune homme en apprenant que dona Dolores lui demandait une entrevue. Que pouvait-elle avoir a lui dire? Pour quel motif lui assignait-elle ce rendez-vous? Quelle raison la poussait a agir de la sorte? Telles etaient les questions que le comte ne cessait de s’adresser, questions qui demeuraient forcement sans reponse.

Aussi l’inquietude, la curiosite et l’impatience du jeune homme etaient-elles poussees au plus haut degre, et ce fut avec un sentiment de joie, dont lui-meme ne se rendit pas bien compte, qu’il entendit enfin sonner l’heure du rendez-vous.

S’il se fut trouve en France, a Paris, au lieu d’etre au Mexique dans une hacienda, certes, il aurait su d’avance a quoi s’en tenir sur le message qu’il avait recu, et sa conduite eut ete toute tracee.

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