–ceci me regarde, general, le principal est que vous ne soyez compromis en rien, et que

–C’est mon seul desir, vous en comprenez les raisons graves. –Je les comprends, oui general, et je vous donne ma parole que votre nom ne sera meme pas prononce.

–A mon tour, je vous donne ma parole de soldat, que si vous reussissez a obtenir cette lettre, ce miserable sera fusille par derriere, au milieu de la place Mayor, quand meme je n’aurais plus qu’une heure de pouvoir.

–Je retiens votre parole, general; d’ailleurs j’ai le blanc-seing que vous avez daigne m’accorder; j’arreterai moi-meme ce miserable, lorsque le moment sera veau. –N’avez-vous rien de plus a me dire? –Pardonnez-moi general, j’ai encore une demande a vous adresser. –Laquelle? –General, je desire vous accompagner dans votre expedition. –Je vous remercie, mon ami, j’accepte avec joie. –J’aurai l’honneur de me joindre a vous au moment du depart de l’armee. –Je vous attache a mon etat-major. –C’est une grande faveur sans doute, repondit-il en souriant, malheureusement il m’est impossible de l’accepter.

–Pourquoi donc? –Parce que je ne serai pas seul, general: les trois cents cavaliers qui deja m’ont suivi a Toluca, viendront encore avec moi, mais pendant la bataille ma cuadrilla et moi nous serons a vos cotes. –Je renonce a vous comprendre, mon ami, vous avez le privilege d’accomplir des miracles.

–Vous en aurez bientot la preuve.

Maintenant, general, le site permettez-moi de prendre conge de vous. –Allez donc, mon ami, je ne vous retiens plus. Apres avoir serre affectueusement la main que lui tendait le general, don Jaime se retira. Lopez l’attendait a la porte du palais, il monta a cheval, et rentra aussitot chez lui. Apres avoir ecrit quelques lettres, qu’il chargea son peon de porter tout de suite, don Jaime changea de vetements, prit certains papiers renfermes dans une boite de bronze fermant a clef, s’assura que l’heure n’etait pas indue (il etait a peine dix heures du soir), puis il sortit, et se dirigea a grands pas vers l’ambassade d’Espagne, dont il n’etait pas fort eloigne. La porte de l’ambassadeur etait encore ouverte; des valets en grande livree allaient et venaient dans les cours et sous le peristyle; un suisse se tenait, a l’entree du zaguAn, une hallebarde a la main. Don Jaime s’adressa a lui. Le suisse appela un valet de pied, et fit signe a l’aventurier de suivre cet homme. Arrive dans une antichambre, un huissier, portant une chaine d’argent au cou, s’approcha. Don Jaime lui remit une carte renfermee dans une enveloppe sous cachet volant. –Remettez cette carte a Son Excellence, dit-il. Au bout de quelques minutes l’huissier rentra, et soulevant une portiere: –Son Excellence attend votre seigneurie, dit-il. Don Jaime le suivit, traversa plusieurs salons, et penetra enfin dans un cabinet dans lequel se tenait l’ambassadeur. Don Francisco Pacheco fit quelques pas au-devant de lui, et le saluant gracieusement. –A quel heureux motif dois-je votre visite, caballero? lui dit-il. –Je supplie votre Excellence de m’excuser, repondit don Jaime en s’inclinant, mais il n’a pas dependu de moi de choisir une heure plus convenable.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *