–ce n’est pas tout, maurin, affirma effrontement celestin changeant ses batteries

–Qu’y a-t-il encore? –Tu as un jour surpris ma soeur dans le bois!. . . je le sais! Chausse de souliers de corde comme toujours tu es, tu t’es avance sans bruit et tu l’as surprise. . . Et si tu veux le savoir, je suis venu pour te punir de ca, moi, son frere! J’en finirai avec toi, entends-tu, et pas plus tard que tout de suite, voleur de filles! –Ecoute, le masque, fit Maurin avec une parfaite tranquillite et un grand air de noblesse; ecoute, ne m’echauffe pas la bile, ce serait tant ce site pis pour toi.

. . Mes chiens la-haut « bourrent » la bete.

. . et je ne veux pas la manquer.

Pourquoi ne me demandes-tu pas de l’argent, pendant que tu y es? Raconte a qui tu voudras tes mensonges et laisse-moi en paix. . .

Tout le monde connait Maurin et tout le monde te connait, toi! Ce n’est pas Maurin qui violente les filles. Elles le cherchent assez d’elles-memes, et il s’en flatte. Ceux qui violentent les filles sont des gueux–et tu en connais, hein, de ceux-la? Ton pere en etait peut-etre. . . Ah! tiens, va-t-en, car je t’ai assez vu, et de te voir ca me fait bouillir. . .

Si j’avais eu le bonheur de delivrer le pays de la canaillerie de ton pere, j’acheverais ma besogne en delivrant le pays de toi, ici-meme, en ce moment, car tu ne vaux pas mieux que la Besti. Ah! vous etiez a vous deux une jolie paire de marrias! Et heureusement te voila depareille. Le geant noir devint pale sous son masque de suie. Il serra ses deux gros poings, se demandant ce qu’il allait faire. Alors Maurin epaula tranquillement son fusil.

. .

Le coup partit.

.

. un lievre magnifique deboulina la-haut, au flanc de la colline, frappe a mort parmi les touffes de thym. Tandis que les chiens courants de Maurin continuaient a suivre la piste en poussant leur abois continus, Hercule, son griffon d’arret, se mettait en quete de la piece abattue aupres de laquelle il demeurait fidelement de garde, jusqu’a ce que lui fut donne l’ordre d’apporter. –Mon fusil est a deux coups, dit Maurin, l’oeil sur Grondard, et il a l’habitude, comme tu vois, de ne pas manquer le gibier. Il allait s’eloigner et ramasser son lievre, lorsque la soeur du charbonnier se montra. L’affaire commencait a prendre tournure de guet-apens. La fille savait bien ce qu’elle avait a dire. Son frere l’avait, de longue main, preparee a cette entrevue, comme a d’autres a peu pres pareilles. –Ah! monstre! cria-t-elle. C’est toi qui m’as attaquee l’autre jour, et renversee et battue, et embrassee par traitrise, et par force! Je n’ai pas pu te voir, lache, mais je reconnais bien ta voix. Alors, un flot de sang monta a la tete du don Juan des Maures. –Coquins! cria-t-il,–au large! Encore un de vos tours, bandits! Mais on a l’oeil ouvert et on vous trouvera la marche. Maurin, entendez-vous, est incapable de ce que vous inventez.

Tout le monde le sait.

Je prends ce qu’on me donne, gredine, et des femmes de ton espece, un Maurin s’en moque bien! Ah! misere de moi, pour tomber a celle-la il faudrait avoir fait careme durant quarante fois quarante jours, pechere! Il s’echauffait.

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